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70. Joseph-Benoît Suvée

Bruges 1743 – 1807 Rome

Entrée de la grotte du Pausilippe près de Naples, 1775

La grotte du Pausilippe est un tunnel artificiel, creusé sous la colline du même nom entre Naples et Pozzuoli (Pouzzoles), dont la percée fut ordonnée par l’empereur Auguste. Motif fascinant autant qu’inspirant, le site fait figure, depuis le XVIIe siècle au moins (voir cat. n° 83), de passage obligé pour tout voyageur ou artiste effectuant le Grand Tour. Le Brugeois Suvée, récompensé en 1771 par le Grand Prix de Rome, est de ceux-là. C’est en 1775, lors d’une excursion en Campanie, qu’il découvre ce vestige antique et l’immortalise sur le motif, à la sanguine1.

L’entrée du tunnel taillée à même la roche, vue ici du côté de Naples – de loin la plus représentée –, est décentrée vers la droite de la feuille, ce qui permet à l’artiste de décrire les à-pics qui bordent le passage, sur la gauche. Le lointain débouché du tunnel, minuscule rectangle laissé en réserve, donne la mesure des proportions de la grotte, dont les 705 mètres de longueur se trouvent ainsi vertigineusement raccourcis. Par un jeu de larges hachures dont il module l’orientation et la densité, Suvée sculpte les volumes des parois rocheuses en facettes. L’enchaînement des plans est rendu lisible grâce aux effets de contre-jour qui accentuent en outre la dimension graphique du contour acéré des falaises. Le personnage à pied à l’entrée du tunnel, qui s’apprête à affronter l’obscurité oppressante de la grotte, ajoute à la scène une tension dramatique. Ainsi dépeint, le site est pleinement investi par Suvée de l’aspect quasi-ésotérique qu’il n’a cessé de revêtir au fil des siècles. Dans le contexte artistique particulier de la fin du XVIIIe siècle, notre feuille est chargée de surcroît d’une esthétique propre au paysage sublime, que l’artiste distille en jouant sur des lignes verticales puissantes pour structurer sa composition, et sur l’angle de vue surbaissé. Au-dessus de l’entrée du tunnel se trouve le tombeau présumé de Virgile, que Suvée a également représenté lors de ce même séjour napolitain2.

C’est sous le directorat de Carlos van Hasselt que le premier dessin de Suvée, réalisé la même année que notre feuille, rejoint les collections de la Fondation Custodia3. L’acquisition en 2010 de cette sanguine, dotée par ailleurs d’une remarquable provenance, vient conforter la place dévolue au paysage parmi le fonds de dessins français du XVIIIe siècle. MNG

1Il s’agit de l’un des derniers exemples d’utilisation de cette technique par Suvée, qui, sur les conseils de Joseph-Marie Vien, directeur de l’Académie de France à Rome, lui préfère ensuite la pierre noire ; Emmanuelle Brugerolles (éd.), Paysages dessinés de l’École française du XVIIIe siècle dans la donation Mathias Polakovits, Paris, 2005, p. 40, n° 10, note 2.

2Madrid, Biblioteca Nacional, inv. Dib/13/15/33 (pierre noire ; 455 × 330 mm) ; Isabel García-Toraño (éd.), Dibujos de arquitectura y ornamentación de la Biblioteca Nacional - Siglo XVIII, cat. exp., Madrid, Biblioteca Nacional, 2009, sous cat. n° 433.

3Ruines de la Villa Hadrienne à Tivoli, signé et daté 1775, inv. 1973-T.67 (pierre noire ; 365 × 486 mm) ; ibid., p. 329, sous cat. n° 432.