Estampes japonaises modernes 1900-1960

Vagues de renouveau

du 6 octobre 2018 au 6 janvier 2019

Informations pratiques en bas de la page.

 

Pour célébrer l’année du Japon en France, la Fondation Custodia accueille cet automne une importante rétrospective présentant les estampes japonaises de la première moitié du XXe siècle.

Présentation

Vagues de renouveau. Estampes japonaises modernes 1900-1960 est une occasion exceptionnelle de découvrir, pour l’une des toutes premières fois en France, les créations des artistes témoins de la modernisation du Japon du XXe siècle. Elle explorera l’intérêt des courants artistiques shin hanga et sōsaku hanga à travers plus de 200 œuvres d’une cinquantaine d’artistes.

Onchi Kōshirō, Le Plongeon, 1932
Gravure sur bois en couleurs, 79,3 × 31,3 cm
Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Les estampes exposées proviennent du musée Nihon no hanga à Amsterdam qui regroupe la collection qu’Elise Wessels a constituée au cours des 25 dernières années. Les estampes qui y sont conservées offrent un aperçu exhaustif de la création artistique japonaise au XXe siècle. L’intégralité de cette collection est une donation promise au Rijksmuseum d’Amsterdam dans quelques années.

Le renouveau de l’estampe japonaise au XXe siècle

Natori Shunsen, Sawada Shōjirō dans le rôle du guerrier Hayashi Buhei, 1927
Gravure sur bois en couleurs, 39 × 27 cm
Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Dès la fin du XIXe siècle, l’estampe traditionnelle japonaise (ukiyo-e) avait dû faire face à une crise sans précédent. Le contexte culturel de production était en train de changer. On ne publiait plus d’estampes se référant à Yoshiwara, le quartier des plaisirs du vieil Edo (l’actuelle Tōkyō), et le lien entre l’estampe et les représentations quotidiennes de théâtre disparaissait progressivement. Il n’y avait plus d’intérêt non plus à dépeindre les temps héroïques des samouraïs. La tendance était désormais à la modernité et les estampes existaient pour leur beauté propre. En parallèle, le marché occidental avait évolué, et les éditeurs entendaient vendre leurs œuvres à une clientèle américaine. Ils imprimaient donc des catalogues en anglais et organisaient des expositions aux Etats-Unis. Le succès fut immédiat au début du XXe siècle : les estampes de maîtres tels que Hokusai, Utamaro et Hiroshige furent surpassées en valeur par celles d’artistes contemporains, qui étaient vendues aux enchères, principalement à New York.

L’introduction de nouveaux procédés de reproduction, tels que la lithographie puis les presses rotatives, permettait dorénavant à un éditeur de réaliser des tirages importants dans des délais très courts. Par ailleurs, les estampes classiques avaient été acquises par les collectionneurs étrangers en quantités telles que les belles impressions des XVIIIe et XIXe siècles étaient devenues une rareté au Japon. Et les artistes japonais eux-mêmes, partis en nombre étudier en Europe et aux Etats-Unis, y avaient découvert une approche très différente que celle en vigueur dans leur pays concernant le rôle de l’artiste dans le processus de création de l’œuvre gravée.

Shin hanga, la « nouvelle estampe »

Ishikawa Toraji, L’ennui, issu de la série Dix types de nus féminins, 1934
Gravure sur bois en couleurs, 37,2 × 48,2 cm
Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Au début du XXe siècle, deux mouvements virent le jour au Japon, qui représentent chacun une réponse différente à cette nouvelle donne, et qui nous laissent aujourd’hui un double héritage d’une diversité fascinante. L’imprimeur Watanabe Shōzaburō (1885-1962), s’inquiétant de la fuite des estampes vers l’étranger ainsi que de la perte des connaissances techniques nécessaires à la production d’œuvres de qualité, se mit à la recherche d’artistes capables de relancer la gravure et de créer un style neuf, tout en conservant la division traditionnelle du travail, c’est-à-dire la collaboration entre quatre personnes, l’artiste, le graveur, l’imprimeur et l’éditeur. Le mouvement inspiré par Watanabe est appelé shin hanga, ou « nouvelle estampe ». La thématique de ces « nouvelles estampes » reprit les catégories traditionnelles avec les paysages, portraits de femmes et d’acteurs, fleurs et oiseaux, mais dans des styles innovants.

Les shin hanga à découvrir dans l’exposition

Kobayakawa Kiyoshi, Danseuse, 1932
Gravure sur bois en couleurs, 43 × 28,3 cm
Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Le mouvement shin hanga est représenté dans l’exposition avec Kawase Hasui (1883-1957), Kasamatsu Shirō (1898-1991) ou encore Yoshida Hiroshi (1876-1950) et leurs paysages baignés par la lumière du soleil levant ou, a contrario, subissant les assauts de lourdes averses de pluie ou de neige. Hashiguchi Goyō (1880-1921), Itō Shinsui (1898-1972) ou Torii Kotondo (1900-1976), se sont spécialisés dans les portraits de femmes d’une grande beauté, légèrement rêveuses, tandis que d’autres encore, et plus particulièrement Kobayakawa Kiyoshi (1889-1948), se sont attachés à la création d’estampes représentant des moga filles modernes »), femmes indépendantes et soucieuses de suivre les codes de la mode occidentale.

 

 

 

 

Sōsaku hanga, « l’estampe créative »

S’inspirant de pratiques occidentales et cherchant à rehausser le statut de la gravure, les partisans du courant sōsaku hanga voulurent rendre à l’artiste le contrôle de toutes les étapes de la réalisation de ses œuvres, sans intervention d’artisans spécialisés comme le graveur ou l’imprimeur. Ainsi, la marque du ciseau sur le bloc de bois devint l’expression de la personnalité de l’artiste, comme l’était le trait de pinceau du calligraphe ou du peintre sur le papier. En comparaison avec les estampes de shin hanga, le résultat est souvent plus brut, empreint d’un sentiment de spontanéité, d’impromptu, voire d’inachevé.

Contrairement aux estampes shin hanga qui attiraient des acheteurs étrangers, celles du courant sōsaku étaient vendues à un public essentiellement japonais, par souscription ou lors d’expositions.

Les sōsaku hanga à découvrir dans l’exposition

Yamamoto Kanae, Bretonnes se baignant, 1913
Gravure sur bois en couleurs, 14,8 × 20,8 cm
Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Les sōsaku hanga sont représentés dans l’exposition par certaines des plus belles créations de l’artiste Yamamoto Kanae (1882-1946), qui passa plusieurs années en France à étudier la peinture occidentale et à réaliser des estampes tout à fait exceptionnelles des paysages et des habitants de la Bretagne.

Onchi Kōshirō (1891-1955), figure de proue de ce mouvement, était résolument attaché à l’idée que l’artiste devait graver lui-même ses planches. Ses portraits poignants de femmes et ses paysages urbains frôlant l’abstraction figurent parmi les estampes emblématiques de l’expression artistique japonaise du XXe siècle et sont en outre d’une grande rareté.

Azechi Umetarō, Pluie, issu du calendrier Nissan, 1957
Gravure sur bois en couleurs, 28,2 × 26,7 cm
Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Par ailleurs, l’exposition accordera une place importante aux artistes qui ont dépeint la réémergence du Tōkyō moderne après les ravages causés par le grand tremblement de terre du Kantō, en 1923. À travers ces œuvres, on voit ainsi s’ériger des bâtiments d’inspiration occidentale et on assiste à la transformation d’une ville qui se modernise.

Sélection d’oeuvres

  • Uehara Konen, Dōtonbori, 1928
    Gravure sur bois en couleurs, 39,1 × 26,3 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Hashiguchi Goyō, Femme peignant ses cheveux, 1920
    Gravure sur bois en couleurs, 44,9 × 34,7 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Kitano Tsunetomi, Hiver : Devant le miroir, issu de la série Les quatre saisons des quartiers de plaisirs, 1918
    Gravure sur bois en couleurs, 39,5 × 26,1 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Kawase Hasui, Hiver dans les gorges d’Arashi, issu de la série Souvenirs de voyage, deuxième série, 1921
    Gravure sur bois en couleurs, 39 × 26,7 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Kawabata Ryūshi, Automne à Kiso, 1916
    Gravure sur bois en couleurs, 34,3 × 25,7 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Yamamura Kōka (Toyonari), Danse à l’Hôtel New Carlton, à Shanghai, 1924
    Gravure sur bois en couleurs, 41,2 × 28,4 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Komura Settai, Tatouage, issu de L’histoire infernale d’Oden, 1938
    Gravure sur bois en couleurs, 27 × 52 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Komura Settai, Matin sous la neige, 1941
    Gravure sur bois en couleurs, 44 × 29 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Onchi Kōshirō, Portrait d’Hagiwara Sakutarō (auteur de L’Île de glace), 1943 (1949 pour la deuxième édition)
    Gravure sur bois en couleurs, 55 × 44,5 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Onchi Kōshirō, L’hiver, issu de la série Belles femmes des quatre saisons, 1927
    Gravure sur bois en couleurs, 28,1 × 23,5 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Kasamatsu Shirō, La grande lanterne du Kannondō, Asakusa, 1934
    Gravure sur bois en couleurs, 39 × 26,2 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Itō Shinsui, Nuit dans la neige, issu de la série Douze nouvelles belles femmes, 1923
    Gravure sur bois en couleurs, 43,2 × 26,2 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam
  • Itō Shinsui, Femme se noircissant les sourcils, 1928
    Gravure sur bois en couleurs, 28,2 × 40,2 cm
    Collection Elise Wessels – Nihon no hanga, Amsterdam

Catalogue

Vagues de renouveau. Estampes japonaises modernes 1900-1960
Paris, Fondation Custodia, 2018
536 pp, ca. 400 illustrations couleur, 27 × 19 cm, relié
ISBN 978 90 78655 29 9
49,00 €

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Informations pratiques

Adresse

Fondation Custodia / Collection Frits Lugt
121, rue de Lille - 75007 Paris
France
Tél : +33 (0)1 47 05 75 19
coll.lugt@fondationcustodia.fr
www.fondationcustodia.fr

Comment venir

Métro : Assemblée Nationale (ligne 12) ou Invalides (lignes 8 et 13)
RER C : Invalides ou Musée d’Orsay
Bus : lignes 63, 73, 83, 84, 94, arrêt Assemblée Nationale
Vélib’ : station située en face (n° 7009)

Heures d’ouverture

Tous les jours sauf le lundi, de 12h à 18h
Fermeture exceptionnelle le 25 décembre et le 1er janvier

Tarifs

Plein tarif 10 €
Tarif réduit 7 €
Le tarif réduit est accordé aux +60 ans, chômeurs, groupes de 10 personnes minimum

Entrée gratuite : étudiants, carte presse, carte ICOM, carte invalidité

VISITES GUIDÉES

Visitez l’exposition Vagues de renouveau avec une guide conférencière à l’une des dates suivantes : mardi 6 novembre à 12h30 (complet), samedi 17 novembre à 12h30 (complet), mercredi 28 novembre à 12h30 (complet), samedi 8 décembre à 12h30 (complet).
Tarif : droit d’entrée de l’exposition.
Inscriptions par e-mail à visites@fondationcustodia.fr,
dans la limite de 2 places par réservation.

Cette exposition coïncide avec l’organisation en France de la saison culturelle « Japonismes 2018 ».

Partenaires presse :