Trois siècles de dessin en Allemagne

La Quête de la ligne

du 4 février au 7 mai 2017

Parallèlement à l’exposition Du dessin au tableau au siècle de Rembrandt, la Fondation Custodia accueille au sous-sol de l’hôtel Lévis-Mirepoix l’importante collection de dessins de l’historien de l’art Hinrich Sieveking. Après sa présentation à la Kunsthalle de Hambourg à l’automne 2016, le public peut admirer pour la toute première fois en France plus de cent feuilles retraçant l’histoire du dessin en Allemagne, du début du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Johann Wolfgang Baumgartner (1702-1761)
Saint Florian et l’élément « Feu », vers 1750
Plume et pinceau à l’encre grise et noire, rehauts de blanc, 475 × 694 mm

Hinrich Sieveking, historien de l’art allemand et spécialiste de l’époque de Goethe, est avant tout un collectionneur. Il s’adonne dès son plus jeune âge à cette passion en s’orientant progressivement vers le dessin. Dans un premier temps, Sieveking se laisse guider par ses coups de cœur et achète des œuvres des écoles italienne, française, flamande, hollandaise et allemande (l’exposition montre à la fin du parcours une petite sélection de ces feuilles de diverses écoles). Au fur et à mesure de l’accroissement de sa collection, il s’intéresse de plus en plus à la relation entre les différents dessins et le contexte de leur création. Il décide alors de recentrer sa collection sur l’évolution du dessin en Allemagne. La Fondation Custodia présente ainsi le fruit de ces années de recherches et d’acquisitions.

L’exposition s’articule autour de trois périodes importantes pour l’art du dessin allemand : la période maniériste autour de 1600, le baroque et l’art de l’époque de Goethe.

La période maniériste

Carl Julius Milde (1803-1875)
Figure féminine dans des rinceaux de style pompéien
Aquarelle, 219 × 268 mm

La visite commence avec des dessins exécutés autour de 1600 dans les grands centres artistiques d’Europe centrale : Prague, Augsbourg et Munich. On peut notamment admirer les magnifiques feuilles de la main des artistes maniéristes Pietro Candido (vers 1548-1628), Friedrich Sustris (vers 1540-1599), Matthäus Gundelach (vers 1566-1653) et Hans Rottenhammer (1564-1625). La très belle étude de Candido, Esquisses de garçons jouant des instruments de musique, fut acquise par le collectionneur en 1979 alors qu’elle était attribuée à Bernardino Poccetti. Hinrich Sieveking sut toutefois y reconnaître la main de Candido, artiste né à Bruges sous le nom de Pieter de Witte, qui comptait en son temps parmi les peintres majeurs en Allemagne.

Le baroque

La visite se poursuit avec des dessins baroques, notamment de l’Allemagne du Sud, avec des œuvres de Johann Georg Bergmüller (1688-1762) et de Johann Wolfgang Baumgartner (1702-1761). De ce dernier, la très grande feuille, L’Elément Feu, est particulièrement impressionnante. On y voit Saint Florian, invoqué contre le feu, au-dessus d’une ville en flammes, dans une composition agrémentée de décors architecturaux d’inspiration rocaille.

Pietro Candido (vers 1548-1628)
Esquisses de garçons jouant des instruments de musique
Pierre noire et fusain, plume et encre noire, rehauts de blanc, sur papier ocre, 195 × 310 mm

L’art de l’époque de Goethe

La plupart des œuvres exposées datent de l’époque de Goethe (1770-1830), âge d’or du romantisme allemand. Le dessin occupe alors une place éminente dans le domaine des beaux-arts. Un florilège de feuilles, parmi lesquelles de nombreuses aquarelles, montre la richesse artistique et thématique de cette période, à travers des paysages, des scènes historiques et des portraits.

Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829) et Julius Schnorr von Carolsfeld (1794-1872), deux artistes chers au collectionneur, sont particulièrement bien représentés dans l’exposition. Arrivé à Rome en 1818, Schnorr rejoignit les Nazaréens, dont il était l’un des plus illustres membres. Ce mouvement artistique avait pour ambition de renouveler la peinture religieuse en s’inspirant de l’art allemand et italien des XVe et XVIe siècles.

Le renouveau de l’art du paysage à cette époque est reflété notamment par les œuvres d’Albert Venus (1842-1871). Son aquarelle Vue du Tibre près du Ponte Molle, Campagna Romana offre au visiteur la vue d’une lumière cristalline d’une journée d’hiver ensoleillée au bord du Tibre près de Rome.

Mentionnons que l’exposition montre également l’intérêt du collectionneur pour les artistes de Hambourg. Y figure par exemple la magnifique feuille, tout en délicatesse, de Philipp Otto Runge (1777-1810), Deux épis de blés.

  • Philipp Otto Runge (1777-1810)
    Deux épis de blé, vers 1808
    Plume et encre noire, 293 × 234 mm
  • Albert Venus (1842-1871)
    Vue du Tibre près du Ponte Molle, Campagna Romana, 1866
    Aquarelle sur un tracé au graphite et à la pierre noire, 256 × 417 mm

L’exposition est accompagnée d’un catalogue en allemand rédigé sous la direction de Peter Prange et Andreas Stolzenburg, chef du département des arts graphiques de la Hamburger Kunsthalle. Réalisé avec le soutien de 36 spécialistes, il contient également un entretien avec le collectionneur Hinrich Sieveking mené par Gina Thomas.

CATALOGUE

Spurenlese. Zeichnungen und Aquarelle aus drei Jahrhunderten
Peter Prange et Andreas Stolzenburg (éd.)
Munich, Hirmer Verlag, 2016
320 pp., 240 illustrations couleur, 32 × 25 cm, relié, en allemand
ISBN 978 3 7774 2673 0
Prix : 39,00 €

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