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64. Maria Katharina Prestel (d’après Giacomo Ligozzi)

Nuremberg 1747 – 1794 Londres

Le Triomphe de la Vérité sur la Jalousie, 1781

Dès le début du XVIe siècle, les graveurs italiens – notamment Ugo da Carpi (1450-1520) et Andrea Andreani (1541-1623) – étaient parvenus à imiter les dessins au lavis, en recourant à la difficile technique de gravure sur bois en chiaroscuro. Le développement, au XVIIIe siècle, de nouvelles techniques de gravure et d’impression en couleurs, telles que la manière de crayon et l’aquatinte, eut un impact sans précédent sur la diffusion de dessins de maîtres conservés alors en mains privées. Le couple Prestel – Johann Theophilus (1739-1808) et Maria Katharina (1747-1794) – se spécialisa tout particulièrement dans la reproduction à l’aquatinte de suites de dessins provenant de cabinets particuliers, montées en albums luxueux1.

Notre estampe, magistrale interprétation d’un dessin de Giacomo Ligozzi (1547-1626)2, figure dans le troisième recueil exécuté par les Prestel, Dessins des meilleurs peintres d’Italie, d’Allemagne et des Pays-Bas, tirés de divers célèbres cabinets : gravés d’après les originaux de même grandeur par Jean Théophile Prestel (dit le « Kleine Kabinett »), sous le numéro 24. La signature de Johann Theophilus3, visible sur plusieurs exemplaires dont le nôtre, ainsi que le double catalogage de l’estampe par G.K. Nagler, attestent de la difficulté à départager les estampes de Maria Katharina de celles de Johan Theophilus. Néanmoins, l’auteur du récent catalogue raisonné de l’œuvre de Maria Katharina Prestel lui a restitué de nombreuses estampes qui sont signées du nom de Johann Theophilus dans les trois recueils auxquels ils ont collaboré ; et c’est bien à elle que l’on doit notre gravure4. Formée par son mari à l’art délicat de l’aquatinte, Maria Katharina a ainsi contribué de manière tout à fait significative, quantitativement autant que qualitativement, aux ambitieuses entreprises éditoriales initiées par ce dernier – et qui allaient conduire à leur banqueroute5.

Le procédé mis en œuvre par Maria Katharina Prestel pour restituer dans toute sa subtilité le dessin de Ligozzi est un véritable tour de force technique. L’artiste eut ainsi recours à deux plaques, tirées successivement sur une même feuille. Sur la première, elle a gravé le trait à l’eau-forte et posé l’aquatinte pour l’impression des tons imitant le lavis, avant de l’encrer en brun. Sur la seconde, elle a incisé les hachures destinées à recevoir les rehauts d’or, appliqué sur sa plaque une préparation fixative à l’ocre et à l’huile, puis l’a minutieusement essuyée afin d’éliminer tout surplus hors des sillons, et l’a passée sous presse6. Enfin, elle a appliqué sur le tirage ainsi obtenu de la feuille d’or, adhérant sélectivement aux lignes imprimées au moyen de cette base. La parfaite correspondance des plaques, ainsi que la qualité d’impression des lignes rehaussées d’or, s’observent avec une constance remarquable sur les tirages conservés de l’estampe7. Ces indices démontrent la totale maîtrise par l’artiste d’un procédé complexe qu’elle est parvenue à appliquer à la création d’un multiple.

Cette œuvre est une addition majeure au très riche fonds de gravures en couleurs – principalement des chiaroscuri – que possède la Fondation Custodia, et dont Frits Lugt, fasciné par la virtuosité de cette technique, avait entamé très tôt la collection. MNG

1Dessins des meilleurs Peintres d’Italie, d’Allemagne, et des Pays-Bas, du Cabinet de Monsieur Paul de Praun à Nuremberg. Gravés d’après les Originaux de même grandeur par Jean Théophile Prestel Peintre et Membre de l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, Nuremberg, 1780 ; Dessins des meilleurs Peintres des Païs-Bas, d’Allemagne et d’Italie du Cabinet de Monsieur Gérard Joachim Schmidt à Hamburg, Vienne, 1779-1782 et Dessins des meilleurs Peintres d’Italie, d’Allemagne, et des Pays-Bas, Tirés de divers célèbres Cabinets, Francfort-sur-le-Main, 1782-1785. Cette initiative trouvait un précédent célèbre dans le Recueil Crozat (1729-1742) ; Claudia Schwaighofer, Von der Kennerschaft zur Wissenschaf. Reproduktiongraphische Mappenwerke nach Zeichnungen in Europa, 1726-1857, Berlin et Munich, 2009, p. 263-268.

2L’exemplaire de l’album conservé au Rijksmuseum d’Amsterdam (inv. GF 381 B 18) affiche, au verso de l’estampe, une mention gravée sur une bande de papier collée en plein indiquant la provenance du dessin – E. Museo Prauniano – et l’auteur de l’estampe – M. Cath. Prestel sc. Norimb. 1781. Le dessin se trouvait donc à cette époque dans la collection du collectionneur nurembergeois Paulus II Praun (1548-1616), dont les Prestel avaient déjà publié une partie du cabinet dans leur première suite gravée (voir note 1). Il fait aujourd’hui partie des collections de l’Albertina de Vienne, inv. 1658 (plume et encre brune, lavis brun, rehauts d’or ; 301 × 230 mm) ; Veronika Birke et Janine Kertész, Die Italienischen Zeichnungen der Albertina, 4 vol., Vienne, 1992-1997, vol. II, p. 879 ; http://sammlungenonline.albertina.at.

3Contrairement à notre tirage, l’exemplaire dans l’album d’Amsterdam ne comporte aucune inscription sur la plaque.

4Claudia Schwaighofer, Das Druckgraphische Werk der Maria Catharina Prestel, mémoire de Master, Ludwig-Maximilians-Universität, 3 vol., Munich, 2003, vol. I, p. 74-76, vol. II, n° 17 ; https://epub.ub.uni-muenchen.de/50. Pour une discussion sur l’attribution des œuvres aux époux Prestel, on pourra également consulter Bärbel Kovalevski (éd.), Zwischen Ideal und Wirklichkeit : Künstlerinnen der Goethe-Zeit zwischen 1750 und 1850, cat. exp., Gotha, Schloßmuseum, 1999, p. 289 ; et Claudia Schwaighofer, « “Eine tüchtige, ihrem Gatten helfende Frau” ? Die Grafikerin Maria Katharina Prestel », dans Ursula Kern (éd.), Blickwechsel : Frankfurter Frauenzimmer um 1800 Francfort, 2007, p. 31-39.

5Et ce par deux fois : la première à Nuremberg en 1782, la seconde à Francfort-sur-le-Main en 1786 ; Londres, (Robin Halwas Limited, Bookseller and Art Dealer), catalogue en ligne (non daté) ; https://www.robinhalwas.com/018032-dessins-des-meilleurs-peintres-d-italie-dallemagne-et-des-pays-bas-du-cabinet-de-paul-de-praun (consulté le 14 novembre 2017).

6Le Rijksmuseum a fait mener, en 1994, une analyse chimique de la composition de ces rehauts d’or, par le Centraal Laboratorium voor Onderzoek van Voorwerpen van Kunst en Wetenschap. L’étude a permis de conclure que l’artiste avait utilisé sur ce tirage une feuille d’or d’une épaisseur d’environ 3 μ, appliquée sur une fine couche de peinture à base d’ocre et d’huile. Cette technique était bien connue des graveurs au moins depuis le XVIe siècle, puisqu’elle fut mise en œuvre notamment par Lucas Cranach (vers 1472-1553), dans sa gravure sur bois Saint Georges et le dragon de 1507 ; Susan Dackerman, Painted Prints : The Revelation of Color in Northern Renaissance & Baroque Engravings, Etchings and Woodcuts, Baltimore, 2002, p. 69-71.

7Citons encore les exemplaires conservés à Londres, British Museum, inv. 1841,0612.52 et 1850,1014.537 ; http://www.britishmuseum.org/research/collection_online/search.aspx.