49. Théodore Gudin

(Paris 1802 – 1880 Boulogne-sur-Seine)

Vue de la Corse depuis le navire « Le Véloce », 1839

« Pour peindre la mer, il faut avoir navigué. »1 Premier peintre de la Marine nommé par le roi Louis-Philippe, Théodore Gudin joignit l’acte à la parole. Après un rapide passage à l’École navale française, il abandonna ses études pour s’engager dans l’US Navy où il servit pendant trois ans. Rentré à Paris en 1822, il choisit alors la carrière de peintre, se formant dans l’atelier de Girodet avant de se spécialiser dans les représentations de batailles navales et les scènes de naufrage. Ces deux études (cat. 49 et 50) furent peintes à bord du vapeur Le Véloce en 1839, tandis que Gudin se consacrait à une commande royale de 135 peintures commémorant divers épisodes de l’histoire navale française destinées au musée de Versailles. Ici, travaillant dans un médium épais et gras, il brossa avec rapidité les nuages violacés au-dessus de la côte corse, la sombre silhouette d’un minuscule navire à peine perceptible à l’horizon. Pour l’esquisse que l’artiste peint perché sur le grand mât (cat. 50), dans une position instable, le point de vue plongeant très inhabituel donne à l’œuvre une immédiateté préfigurant la photographie instantanée. En 1846, Alexandre Dumas devait emprunter ce même navire pour son voyage en Afrique du Nord, dont il tira une publication intitulée Le Véloce ou Tanger, Alger et Tunis.

1Théodore Gudin, Souvenirs du baron Gudin, peintre de la Marine (1820-1870) publiés par Edmond Béraud, 3e éd., Paris, 1921, p. 34.