40. Constantijn van Renesse

Maarssen 1626 – 1680 Eindhoven

Garçon debout coiffé d’un bonnet

Issu d’un milieu aisé, Constantijn van Renesse partit étudier la littérature à Leyde à l’âge de treize ans, après quoi il se consacra aux mathématiques. Il dessinait, peignait et gravait assidûment en amateur et se rendait de temps à autre à Amsterdam pour y suivre l’enseignement de Rembrandt van Rijn (1606-1669), dont on sait qu’il fréquentait l’atelier en 16491. Après sa nomination comme secrétaire de la ville d’Eindhoven en 1653, Van Renesse rendit de nouveau visite à Rembrandt vers 1661. Certains de ses dessins portent des inscriptions témoignant de cet apprentissage, d’autres sont visiblement passés entre les mains du maître lui-même2. Cette feuille ne présente aucune correction de Rembrandt, mais elle est proche de sa manière, si proche que Frits Lugt a estimé qu’elle pouvait lui être attribuée avec certitude3.

Peter Schatborn a redonné le dessin à Van Renesse sur la base d’arguments stylistiques4. Il a en outre relevé que le garçon réapparaît souvent dans l’œuvre dessiné de l’artiste5. Dans notre feuille, il est placé dans une position quelque peu hésitante, les bras légèrement pliés et le menton relevé. Quatre études de figure conservées à Amsterdam représentent le même modèle, dans des poses académiques, coiffé d’un bonnet identique à celui du dessin6. Le visage et les cheveux mi-longs présentent surtout une ressemblance frappante avec la figure d’un dessin de Darmstadt7. Dans celui-ci, le garçon est assis par terre contre un mur au milieu d’autres artistes qui dessinent d’après un modèle vivant. Sa présence parmi eux et la tenue dont il est affublé (bonnet, tablier et blouse ouverte) révèlent son rôle d’apprenti8. Un rôle qu’il remplissait vraisemblablement dans l’atelier de Rembrandt.

L’année même où il a acheté ce dessin, Lugt faisait également l’acquisition d’une estampe gravée ultérieurement d’après le dessin – une œuvre unique à notre connaissance9. Johannes Pieter de Frey (1770-1834) est communément admis comme son auteur. On ignore les raisons qui l’ont conduit à ajouter les initiales IL, celle de Jan Lievens (1607-1674), sur l’estampe. Que Van Renesse en était le dessinateur avait déjà certainement été oublié.

MvS

1Cat. exp. Amsterdam 2015, p. 120.

2Sumowski n° 2187** - 2206a**.

3« onbegrijpelijkerwijze als ‘attribué à’ » (« incompréhensiblement comme « attribué à » ») a écrit Lugt sur la fiche d’inventaire pour souligner combien il s’étonnait de l’attribution incertaine à Rembrandt. À ses yeux, ce dessin trahissait la forte influence de Mantegna sur l’œuvre dessiné de Rembrandt.

4Schatborn 2010, n° 140.

5Idem, p. 335 ; le garçon réapparaît également dans plusieurs peintures de Van Renesse (et qui lui ont été attribuées), par exemple : Le Bon samaritain, attribué à Constantijn van Renesse par Sumowski (vol. IV, n° 1658) et Foucart (cat. exp. Paris 1988-1989, p. 108-110) – musée du Louvre, Paris, inv. 1737.

7Constantijn van Renesse, Rembrandt and his Pupils Drawing a Female Nude Model, pierre noire, plume et encre brune, lavis brun et rehauts de blanc, 180 × 266 mm, Hessisches Landesmuseum, Darmstadt.

8Schatborn 2010, p. 335.

9Fondation Custodia, Paris, inv. 6025.

10Cat. exp. Amsterdam 2015, p. 120.

11Sumowski n° 2187** - 2206a**.

12« onbegrijpelijkerwijze als ‘attribué à’ » (« incompréhensiblement comme « attribué à » ») a écrit Lugt sur la fiche d’inventaire pour souligner combien il s’étonnait de l’attribution incertaine à Rembrandt. À ses yeux, ce dessin trahissait la forte influence de Mantegna sur l’œuvre dessiné de Rembrandt.

13Schatborn 2010, n° 140.

14Idem, p. 335 ; le garçon réapparaît également dans plusieurs peintures de Van Renesse (et qui lui ont été attribuées), par exemple : Le Bon samaritain, attribué à Constantijn van Renesse par Sumowski (vol. IV, n° 1658) et Foucart (cat. exp. Paris 1988-1989, p. 108-110) – musée du Louvre, Paris, inv. 1737.

16Constantijn van Renesse, Rembrandt and his Pupils Drawing a Female Nude Model, pierre noire, plume et encre brune, lavis brun et rehauts de blanc, 180 × 266 mm, Hessisches Landesmuseum, Darmstadt.

17Schatborn 2010, p. 335.

18Fondation Custodia, Paris, inv. 6025.