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39. Jan van Goyen

Leyde 1596 – 1656 La Haye

Paysage de rivière avec un moulin, 1644

Le paysagiste hollandais Jan van Goyen a parachevé sa formation à Haarlem, dans l’atelier d’Esaias van de Velde (1587-1630), l’un des pionniers d’une manière plus naturaliste de représenter le paysage, apparue au cours du premier quart du XVIIe siècle. Esaias van de Velde, mais également son neveu Jan van de Velde II (vers 1593-1641) et Willem Buytenwech (1591/92-1624) se sont éloignés de la tradition du paysage historié tel que le pratiquaient leurs prédécesseurs, et ont commencé à expérimenter des compositions en diagonale et des horizons bas. Ils accordaient ainsi une plus grande attention au paysage lui-même.

Si Le paysage de rivière avec un moulin a été fait plus de vingt ans après son apprentissage auprès de d’Esaias van de Velde, l’influence de son maître apparaît encore. Van Goyen s’est servi de la pierre noire, un médium employé fréquemment par Esaias. Mais cette fois, l’artiste a travaillé avec une pierre noire à l’extrémité affutée et très pointue. C’est avec des traits vigoureux, hérissés, qu’il a dessiné la végétation au premier plan et la silhouette du pêcheur dans sa barque. Il a également choisi de représenter un horizon bas. Le paysage occupe moins du quart de la feuille, ce qui est exceptionnel, même dans l’œuvre de Van Goyen. D’amples cumulus, nuages reconnaissables par leurs sommets blancs et floconneux et leur base plate, occupent la plus grande partie de la composition. En soulignant l’étendue grandiose et l’extrême horizontalité du paysage hollandais, l’effet est bouleversant.

Van Goyen a passé sa vie à parcourir sa patrie mais aussi les Pays-Bas du Sud (territoire correspondant peu ou prou à l’actuelle Belgique) et la région rhénane. Il emportait des carnets d’esquisses de format poche et des morceaux de pierre noire pour enregistrer ses expériences visuelles. Ces tracés ont servi de modèles pour ses peintures et pour des dessins plus grands et plus finis, tels que notre feuille, faite pour le marché de l’art.

Le 15 mai 1644 – année de l’exécution du Paysage de rivière avec un moulin – Van Goyen inaugure un nouveau carnet d’esquisses, connu aujourd’hui sous le nom de carnet Bredius-Kronig1. Il contient des dessins de bâtiments, de villages au bord de fleuves, des vues, des paysages de dunes, et tout ce qui a pu frapper son œil au cours de ses voyages à travers les provinces de la Hollande du Nord et du Sud. Les paysages consignés dans ces esquisses, en particulier dans les vues des environs de Haarlem, ressemblent à la plaine baignée d’eau de notre feuille2. C’est sans doute pour cette raison qu’autrefois le dessin a été décrit comme une vue près du Haarlemmermeer, avec l’église Saint-Bavon à l’arrière-plan3.

Nous manquons cependant de preuves pour soutenir cette hypothèse. Mis en rapport avec une vue de Haarlem avec Saint-Bavon dans le carnet d’esquisses, le clocher de l’église du présent dessin paraît beaucoup trop rond4. Dans le paysage presque désolé, on n’aperçoit aucun autre monument marquant de Haarlem, tels les tours de la Bakenesserkerk ou l’Hôtel de Ville. La feuille doit donc plutôt représenter un paysage de rivière imaginaire, exécuté dans l’atelier de Van Goyen, et inspiré par les images conservées dans le carnet de l’artiste et dans ses souvenirs, alors encore frais de ses récents périples. MR

1La Haye, Museum Bredius, prêt de longue durée des héritiers de Joseph O. Kronig (pierre noire, avec ajout de lavis rouge-brunâtre d’une main plus tardive ; environ 100 × 150 mm) ; H.-U. Beck, Jan van Goyen 1597-1656, 4 vols., Amsterdam, 1972-1991, vol. I, p. 265-270, n° 845, vol. III, p. 123, n° 845 ; et Edwin Buijsen, The Sketchbook of Jan van Goyen from the Bredius-Kronig Collection, La Haye, 1993.

2Cf. ibid., p. 39-21, nos 17-21, repr.

3Vente, comte François Xavier Jean-Marie Joseph de Robiano (1778-1836, Bruxelles) et al., Amsterdam (A.W.M Mensing), 15 juin 1926, n° 379 (« Vue près du Lac de Haarlem avec moulin, barque et au lointain l’église de Haarlem. Signé et daté 1644 »).

4Buijsen 1993, op. cit. (note 1), p. 91, n° 71, repr.