14. Gonzales Coques, attribué à

Anvers 1614 – 1684 Anvers

Portrait d’un garçon

Le peintre anversois Gonzales Coques a fait son apprentissage dans l’atelier de Pieter Breughel II (1564-1638) ou de son fils1 et celui de David Ryckaert (1589-1642). La supposition selon laquelle Coques aurait aussi été l’élève d’Anthony van Dyck (1599-1641) s’appuie seulement sur la parenté stylistique de leur peinture. Il se peut que Coques ait suivi Van Dyck en Angleterre vers 1635 et noué à cette occasion des liens avec la famille royale, qu’il comptera plus tard parmi ses commanditaires2. Coques a été surnommé « le petit Van Dyck » par ses contemporains car il a transposé de nombreuses figures des compositions et portraits (souvent grandeur nature) de Van Dyck dans des tableaux de cabinet de petite dimension3. Ces peintures de taille réduite étaient très prisées de la classe moyenne flamande, qui appréciait également beaucoup les portraits en miniature comme celui-ci.

Ni l’identité du commanditaire ni celle du garçon portraituré ne sont connues. L’enfant pose de trois-quarts et regarde le spectateur avec de grands yeux, la bouche légèrement serrée comme s’il s’efforçait de « tenir la pose » avec sérieux. Ses boucles brunes, qui encadrent son visage, se confondre avec le fond sombre. Le peintre a rendu avec autant de délicatesse les joues rougissantes.

Une comparaison de ce portrait en miniature avec deux autres effigies de jeunes enfants attribuées à Coques incite à le considérer de la même main4. L’une est un portrait de Marie d’Orange-Nassau, princesse de la maison d’Orange (1642-1688), fille du stathouder Frédéric-Henri (1584-1647) et d’Amalie de Solms (1602-1675)5. Coques semble avoir travaillé comme peintre de portrait pour la maison d’Orange à partir de 1644 et avoir contribué à la décoration du palais Honselaarsdijk, qu’occupait à l’époque Amalie6. L’effigie d’une autre belle petite fille présente également de nombreuses analogies stylistiques avec notre portrait : le même fond sombre duquel se détache le visage et le même regard, si expressif que le peintre réussit à lui concilier l’affection du spectateur7.

MvS

1Lisken-Pruss 2013, p. 28.

2Outre Charles Ier d’Angleterre, Coques avait également pour commanditaires importants l’archiduc Léopold-Guillaume, le comte de Monterey et Don Juan de Zuniga.

3Lisken-Pruss 2013, p. 15.

4Schaffers-Bodenhausen 2018, p. 118-119.

5Fondation des collections historiques de la Maison d’Orange-Nassau, inv. M 9, voir Karel Schaffers-Bodenhausen et Marieke Tiethoff-Spliethoff, The Portrait Miniatures in the collections of the House of Orange-Nassau, Zwolle, Waanders, 1993, n° 9.

6Une lettre datée du 7 décembre 1644 nous apprend que Coques a peint le portrait de Frédéric-Henri, voir Lisken-Pruss 2013, p. 20 (et cat. n° U19). Il est vraisemblable que Coques ait reçu en 1646 la commande de dix tableaux ayant pour thème L’Histoire de Psyché, voir Lisken-Puss 2013, p. 30.

7Vente, Londres (Christie’s), 3 décembre 2013, n° 12 (Portrait d’une fille, en buste, avec robe blanche garnie de dentelles, pelisse rouge et collier de perles) ; localisation actuelle inconnue.