27. Dirk Helmbreeker

Haarlem 1633 – 1696 Rome

Portrait de Cornelis Bega, vers 1650-1654

Selon l’inscription en bas du dessin, ce jeune homme représenterait l’artiste Cornelis Bega (1631/1632-1664). Bega et Helmbreeker, qui exerçaient tous les deux à Haarlem, ont formé avec Leendert van der Cooghen (1632-1681), Gerrit Adriaen Berckheyde (1638-1698), Salomon de Bray (1597-1664) et son fils Jan de Braij (voir cat. 12) un groupe d’artistes soudés qui se mesuraient les uns les autres dans un esprit d’émulation et faisaient un usage similaire de la sanguine et de la pierre noire. Les échanges entre Bega, Helmbreeker et Van der Cooghen étaient particulièrement fructueux. Ils dessinèrent quantité de portraits et d’études de têtes masculines (difficiles à distinguer les uns des autres) pour lesquels ils se prenaient souvent pour modèles les uns les autres (ou eux-mêmes) – comme c’est le cas de notre dessin1. Les hachures régulières, tracées dans différentes directions, sont un procédé que l’on retrouve dans leurs œuvres2.

Les jeunes artistes se donnaient rendez-vous pour dessiner et s’exercer à saisir la physionomie de chacun3. C’est vraisemblablement à l’occasion d’une séance de ce genre que cette feuille a été réalisée. Le fait que Bega détourne la tête et ne prenne pas la pose vient peut-être de ce qu’il était à ce moment précis occupé comme les autres à dessiner. Il est probable qu’il était en train de se représenter lui-même et que cet autoportrait soit celui conservé à Leyde. Bega y est coiffé d’un couvre-chef similaire, mais le col de la blouse est différent et il manque le foulard drapé autour de ses épaules4.

Ce dessin a vraisemblablement été exécuté vers 1650, juste avant que les deux artistes ne quittent Haarlem en 1653, accompagnés de Vincent Laurentsz. van der Vinne (1628-1702) et Guillam Du Bois (vers 1623/1625-1680), pour se rendre en Allemagne, en Suisse, et en France. Seul Helmbreeker a voyagé jusqu’en l’Italie5. À Rome, où il s’est installé en 1654 et a passé la majeure partie de sa vie6, il s’est consacré à la peinture de sujets religieux et de scènes de genre. De là, Helmbreeker a séjourné à Lyon, Paris, Naples et Turin et ne serait retourné qu’une seule fois dans sa ville natale.

1Par exemple : Leendert van der Cooghen, Portrait de Dirk Helmbreeker, Rijksmuseum, Amsterdam, inv. RP-T-1884-A-346 ; Dirk Helmbreeker, Autoportrait, National Gallery of Art, Washington D.C., inv. 1982.38.1 ; Cornelis Bega, Portrait de Leendert van der Cooghen, Rijksmuseum, Amsterdam, inv. RP-T-1940-511(R).

2Sur leurs différences stylistiques, voir Baukje J. L. Coenen, « The Drawings of the Haarlem Amateur Leendert van der Cooghen », Master Drawings, 2005, n° 1, p. 8.

3Au verso de cette feuille est également dessinée une tête, à la sanguine et à la pierre noire, sans doute l’impression d’un autre dessin (qui n’a peut-être pas été exécuté par Helmbreeker, mais par un de ses amis).

4Baukje Coenen dans cat. exp. Aachen/Berlin 2012, p. 99.

5Arnold Houbraken, De groote schouburgh der Nederlantsche konstschilders en schilderessen, 1718-1721 (3 volumes), p. 212.

6Helmbreeker a épousé Anna Petronilla Belardini en 1668 à Rome.