67. Edgar Degas

(Paris 1834 – 1917 Paris)

Vue du Quirinal, vers 1856-1859

Peintre avant tout des plaisirs urbains et de la figure humaine, Degas préférait travailler en atelier et critiquait le paysagiste de plein air. Il affirmait être vite terrassé par l’ennui lorsqu’il contemplait la nature et faisait la satire des aventures de ses collègues impressionnistes en déclarant : « Voyons, la peinture, ce n’est pas du sport ! »1. Il créa néanmoins des paysages tout au long de sa carrière (cat. 94). Contrairement aux paysages imaginaires que Degas produisit plus tard dans sa vie, les œuvres qu’il peignit assez tôt en Italie présentent des sujets identifiables et ont été exécutées sur le motif. Dans cette vue, la manica lunga du palais du Quirinal ancre une composition dominée par un ciel mauve lumineux peint rapidement avec une touche large. Aucune de ces œuvres italiennes n’est signée ou datée, mais la provenance de la plupart d’entre elles peut être retracée par le biais de collectionneurs ou de membres de la famille de Degas, comme son neveu Henri Fèvre qui fut le propriétaire de cette étude.

1Ambroise Vollard, Degas (1834-1917), Paris, 1924, p. 57 ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96923754/f99.item.r=sport.