Horaires d’ouverture: Tous les jours sauf le lundi, de 12h à 18h

Tarifs : Plein tarif 10 € / Tarif réduit 7 €
Visites guidées
Visitez l’exposition De l’alcôve aux barricades avec une guide conférencière à l’une des dates suivantes :
samedi 19 novembre à 12h00 – jeudi 24 novembre à 12h00 – samedi 3 décembre à 12h00 – mardi 13 décembre à 12h00 – mercredi 5 janvier à 12h00.
Tarif : droit d’entrée de l’exposition
Inscriptions par e-mail à visites@fondationcustodia.fr
De l’alcôve aux barricades
De Fragonard à David
Dessins de l’École des Beaux-Arts de Paris


du 15 octobre 2016 au 8 janvier 2017

Jacques-Louis David (1748-1825)
Tête de pestiféré, 1780
Plume et encre noire sur un tracé à la pierre noire, 212 x 152 mm
© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

Réputés pour leur précieux fonds de dessins, les Beaux-Arts de Paris s’associent à la Fondation Custodia pour présenter à l’automne, au 121 rue de Lille, l’un des volets les plus prestigieux de leurs collections, dans le cadre de leur Bicentenaire. Avec 145 dessins, l’exposition De l’alcôve aux barricades est l’occasion de dresser un panorama historique ambitieux de l’art de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Les œuvres sélectionnées permettent de mettre en lumière une époque particulièrement riche de bouleversements tant historiques qu’artistiques. Des dernières décennies du règne de Louis XV (1715-1774) à la fin de la période révolutionnaire (1789-1799), nous assistons en effet au passage de la Royauté à la République : un monde qui bascule de l’espace de la cour où évolue la noblesse, à celui de la ville où prime la notion de citoyenneté. En écho, les arts connaissent de nombreuses transformations. Cette transition fut longtemps pensée comme une rupture nette entre deux styles antagonistes : le rocaille – alors défini comme un style féminin pour ses arabesques, ses caprices et parfois son extravagance – et le néoclassicisme, style mâle dont la noble simplicité s’inspire du grand modèle antique.


Charles-François de La Traverse
(1726/1730-1787)
Paysage rocheux, 1773
Aquarelle et gouache, 374 x 260 mm
© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier



Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
Les Amants surpris
Plume et encre noire, lavis gris, 240 x 280 mm
© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier



Jean-Baptiste Isabey (1767-1855)
Académie. Homme assis appuyé sur le bras gauche
Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier brun, 468 x 607 mm
© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier


Organisée en sept chapitres thématiques – la formation académique, le séjour à Rome, la scène de genre, la peinture d’histoire, le paysage en France, le dessin d’architecture et les arts décoratifs – l’exposition dévoile une réalité plus complexe.

Les nombreux chefs-d’œuvre réunis ici pour la première fois évoquent cette diversité de styles et d’approches. Ils permettent également de suivre la carrière des artistes, acteurs de ces évolutions. Nous les découvrons pendant leur formation à l’Académie royale de peinture et de sculpture, au travers des grandes études de nu d’après modèle vivant et les dessins réalisés à l’occasion des concours de Tête d’expression. Instaurés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de multiples prix destinés à créer une émulation entre les élèves et à régénérer ainsi les arts, permettaient aux jeunes artistes de se distinguer.

Nous accompagnons ensuite ces dessinateurs jusqu’au palais Mancini, siège de l’Académie de France à Rome, où ils sont pensionnaires. Copies réalisées d’après les maîtres anciens ou modernes, vues de ruines antiques, de jardins ou de sites récemment découverts, les feuilles des Beaux-Arts révèlent les motifs qui ont marqué les artistes français lors de leur séjour italien.

De retour en France, nous retrouvons ces artistes qui obtiennent des charges officielles, répondent aux grandes commandes d’État et cherchent à satisfaire les amateurs dont le goût évolue. Usant des principaux ressorts de la peinture d’histoire – puissance d’expression, clarté narrative et mise en page théâtrale –, Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) renouvelle la scène de genre, évoquant les drames d’un quotidien à coloration moraliste. Son art, qui fut salué par le public du Salon et par Diderot lui-même, est illustré dans l’exposition par de nombreux dessins.

Pierre Ranson (1736-1786)
Décoration d’appartement à la chinoise, 1785
Plume et encre brune, lavis gris et aquarelle, 366 x 532 mm
© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier

Depuis les scènes « à la grecque » de Joseph-Marie Vien (1716-1809) jusqu’aux grandes compositions néoclassiques de David (1748-1825), qui inspira toute une génération de peintres, les dessins exposés dans la section suivante permettent de retracer l’évolution de la peinture d’histoire, délaissant progressivement les sujets mythologiques galants et sensuels au profit de scènes héroïques tirées de l’histoire antique. Des critiques s’élevaient en effet contre l’art rocaille depuis le milieu du XVIIIe siècle parmi les érudits – tel l’historien de l’art allemand Winckelmann – et les membres de la communauté artistique. L’Académie souhaitait alors renouer avec le Grand Genre en proposant, comme au temps de Poussin, l’Antiquité pour modèle.

Imposants projets – parfois longs de plusieurs mètres –, tracés à l’occasion des concours de l’Académie royale d’architecture, ou inventions d’édifices de fantaisie dans le goût des caprices de Piranèse, la plupart des œuvres qui ouvrent le sixième chapitre de l’exposition sont de pures élaborations graphiques. Elles témoignent de l’autonomie acquise par le dessin d’architecture dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et de la nouvelle conception d’un urbanisme planifié autour de bâtiments publics qui offrent aux citoyens une vie sociale et culturelle plus riche.

Dans la dernière section de l’exposition, consacrée aux arts décoratifs, de nombreux dessins sont préparatoires aux gravures composant les recueils de modèles qui fleurissent à cette époque, quand d’autres ont servi directement à l’exécution de mobilier ou d’ornements. Grâce à ces œuvres, nous prenons la mesure de l’influence de l’art antique dans l’évolution du répertoire des motifs décoratifs. Caractérisé par un retour à la ligne droite et à une certaine sobriété, le néoclassicisme reste toutefois perméable à la persistance du goût pour l’agréable et l’exotique, hérité du style rocaille.


Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853)
Monument sépulcral, coupe du monument général avec élévation de la pyramide centrale, 1789
Plume et encre noire, lavis gris, 765 x 2750 mm
© Collection des Beaux-Arts de Paris / prise de vue Thierry Ollivier
De l’exercice académique aux grands formats préparatoires à des projets de peinture, de sculpture, de mobilier et d’architecture, le dessin permet ainsi d’embrasser tous les arts. Il nous place au cœur de la pratique artistique et du processus de création, dans une société en pleine mutation.



Passées :

Vue à travers trois arches du Colisée à Rome, 1815
Huile sur toile, 32 x 49,5 cm
© Statens Museum for Kunst, Copenhague

C. W. Eckersberg (1783-1853)
Artiste danois à Paris,
Rome et Copenhague

du 1er juin au 14 août 2016

Pour la première fois, la France accueille une exposition monographique de Christoffer Wilhelm Eckersberg, artiste danois majeur du XIXe siècle. 125 œuvres y sont dévoilées, parmi lesquelles des tableaux n’ayant pas été montrés au public depuis plus de 100 ans.

Proposée à l’automne 2015 au Statens Museum for Kunst de Copenhague, puis à la Kunsthalle d’Hambourg, l’exposition à la Fondation Custodia se déroule en plusieurs étapes. Au premier étage de l’hôtel Levis-Mirepoix, les tableaux d’Eckersberg sont présentés de façon chronologique et thématique  : les années de jeunesse au Danemark, en France et en Italie, avant le développement de son art à Copenhague. Au sous-sol, le visiteur retrouve les dessins et les esquisses de l’artiste, dont douze feuilles issues des collections de la Fondation Custodia.


Les années à Paris et à Rome


Le Pont Royal vu depuis le quai Voltaire, 1812
Huile sur toile, 55,5 x 71 cm
© Statens Museum for Kunst, Copenhague

Chef de file de l’École de Copenhague, le jeune Eckersberg remporta un prix lui permettant d’étudier en France entre 1810 et 1813. L’année passée dans l’atelier de Jacques-Louis David (1748-1825) bouleversa son séjour parisien. L’enseignement de celui-ci reposait exclusivement sur l’étude d’après le modèle vivant et constituait une nouveauté pour Eckersberg. Les scènes historiques des œuvres de jeunesse de l’artiste changèrent immédiatement de caractère sous l’influence du maître français.

L’exposition de la Fondation Custodia montre plusieurs dessins et tableaux de cette période. Alors qu’il ambitionnait de se consacrer à la peinture d’histoire, genre le plus prisé à l’époque, Eckersberg commença aussi à créer des œuvres d’un autre style. Il réalisa notamment des paysages lors de promenades qui le conduisaient en Île-de-France et des vues urbaines de Paris dont Le Pont Royal vu depuis le quai Voltaire (1812).

Eckersberg quitta la France pour l’Italie en juin 1813 et s’installa à Rome, dans la maison qu’occupait également le sculpteur Thorvaldsen dont il devint un ami proche. Dans ce milieu artistique foisonnant et international, Eckersberg se concentra sur la peinture de plein air qui lui permettait de saisir les caprices des ombres et de la lumière et de les restituer dans l’instant, selon des points de vue ou des cadrages innovants.


Les escaliers de marbre menant à Santa Maria in Aracoeli à Rome, 1814-1816
Huile sur toile, 32,5 x 36,5 cm
© Statens Museum for Kunst, Copenhague



La Famille Nathanson, 1818
Huile sur toile, 126 x 172,5 cm
© Statens Museum for Kunst, Copenhague



Traversée à la voile de Copenhague à Charlottenlund, 1824
Huile sur toile, 44,5 x 45 cm
© Statens Museum for Kunst, Copenhague

Eckersberg s’adonna avec grand intérêt à cette peinture de plein air, réalisant des vues de la Ville Éternelle. Le visiteur peut admirer plusieurs œuvres majeures de cette période, comme Les escaliers de marbre menant à Santa Maria in Aracoeli à Rome (1814-1816) ou Vue à travers trois arches du Colisée à Rome (1814-1816).


Le retour à Copenhague

Après ces séjours en France et en Italie, Eckersberg rentra en 1816 à Copenhague qu’il ne quitta plus. Il occupa les fonctions de professeur puis de directeur de l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague et consacra le reste de sa carrière à peindre et à enseigner. Il introduisit notamment la peinture de plein air auprès de ses élèves, considérant le paysage comme un sujet digne d’être étudié et représenté.

Les dessins et peintures évoquant la vie quotidienne au Danemark réalisés à partir de 1830, et les nombreux portraits de la bourgeoisie danoise, témoignent de l’intérêt d’Eckersberg pour les mœurs et les scènes profanes. Dès son retour à Copenhague, afin de remercier les généreux mécènes qui lui avaient permis d’étudier à l’étranger, il exécuta le portrait de plusieurs d’entre eux. On remarque dans ces œuvres l’influence française – et tout particulièrement celle de David – par l’agencement des modèles, imposant mais simple, la rigueur de la composition, la clarté des détails et l’observation de la texture et de la qualité des étoffes.

Après les portraits, l’exposition propose au visiteur d’entrer dans l’intimité des études de nus, novatrices par leur caractère réaliste. Au cours de l’été 1837, Eckersberg exécuta cinq tableaux représentant des modèles nus presque de grandeur nature. Pour ces toiles qui devaient servir de références pour ses élèves, il choisit avec soin ses modèles, complémentaires par leur âge, leur type et leur expression concentrée ou distante.

Le parcours de l’œuvre d’Eckersberg s’achève avec les huiles sur toile et les dessins illustrant des marines. Dans celles-ci, Eckersberg mit en œuvre des procédés artistiques au caractère parfois expérimental tel que le format circulaire inhabituel qu’il choisit pour la Traversée à la voile de Copenhague à Charlottenlund (1824).

Deuxième temps de l’exposition, les dessins d’Eckersberg font écho aux intérêts variés du peintre pour les scènes de la vie quotidienne, les paysages ou les marines. Dessinateur minutieux et fidèle aux détails, Eckersberg réalisait souvent une première esquisse sur le vif, adoptant une composition rigoureuse, pour terminer son dessin dans le calme de l’atelier.

La Fondation Custodia publie un catalogue en français à l’occasion de l’exposition, composé de textes de Kasper Monrad, Anna Schram Vejlby, Neela Struck, Jesper Svenningsen et Jan Gorm Madsen.

C. W. Eckersberg (1783-1853). Artiste danois à Paris, Rome et Copenhague
Paris, Fondation Custodia, 2016
336 pp, ill. couleur, 31 x 23 cm, relié
ISBN 978-90-78655-22-0
Prix : 40 € [DISPONIBLE]



Partenaires de l’exposition :

   



En route !
Dessins néerlandais de paysage
Collection John et Marine van Vlissingen

30 janvier – 30 avril 2016

Rembrandt Harmensz. van Rijn, Rempart près de la St. Anthonispoort à Amsterdam, c. 1648-1652.
John and Marine van Vlissingen Art Foundation
La Fondation Custodia est heureuse d’accueillir à Paris l’exposition consacrée à l’impressionnante collection de dessins anciens de John et Marine Fentener van Vlissingen – Comtesse de Pourtalès. Présentée au Rijksmuseum pendant l’été 2015, cette exposition est dévoilée au public français à partir du 30 janvier 2016 : 100 dessins de voyage, des feuilles d’artistes allant du XVIIe siècle, avec Rembrandt et Jacob van Ruisdael, jusqu’au XIXe siècle avec la génération de Josephus August Knip (1777-1847).

Durant 50 ans, John et Marine van Vlissingen ont minutieusement bâti cette collection de paysages d’artistes néerlandais et flamands représentant la nature aux Pays-Bas, mais aussi en France, en Italie, en Angleterre ou en Afrique.

Les artistes néerlandais ont toujours eu la réputation d’être d’avides voyageurs. À cheval, en diligence, en barge ou à pied, ils ont sillonné le monde durant les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Ils ont à chaque fois témoigné, dans leurs dessins, de la variété des paysages traversés. Pour ceux n’ayant pas l’inclination, le courage ou l’argent pour entreprendre de tels voyages, le travail des autres artistes voyageurs était précieux. Ainsi pour la première fois dans l’histoire de l’art, les paysages n’étaient plus considérés comme arrière-plan de scènes bibliques ou mythologiques, mais comme un sujet en tant que tel.

Bien qu’il n’ait sans doute jamais quitté les Pays-Bas, Rembrandt (1606-1669) a fréquemment dessiné la nature et plus particulièrement celle autour d’Amsterdam. La feuille dans l’exposition à la Fondation Custodia, Rempart près de la St. Anthonispoort à Amsterdam, provient du magnifique ensemble de paysages réalisé par Rembrandt entre 1648 et 1652, ayant appartenu à la collection du Duc de Devonshire à Chatsworth. Comme dans bien d’autres œuvres de la même période, Rembrandt restitue ici parfaitement la scène usant tout simplement de la plume et de l’encre brune, avec un lavis brun sur papier beige, ce qui confère à l’œuvre une luminosité rare et une harmonie tout à fait remarquable.

À ses côtés se trouve une Vue du pont de l’Amstel (Hogesluis) à Amsterdam de Jacob van Ruisdael (1628/29-1682). Il s’agit d’un splendide exemple du style raffiné de l’artiste. Trois autres feuilles de cette série sur l’Amstel sont parvenues à la postérité  ; deux d’entre elles sont conservées à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, la troisième à la Kunsthalle de Brême. Le dessin fait forte impression avec son horizon bas et son imposant ciel nuageux. Le pont-levis, celui en pierre au loin, et les cinq moulins sont typiques du paysage hollandais, mais le fait de les réunir dans une telle concentration au sein d’une même composition, reste exceptionnel.

Comme bon nombre de ses compatriotes du Sud des Pays-Bas, Lodewijk Toeput, dit Pozzoserrato (1550-1603/5), a quitté les Flandres pour l’Italie afin de fuir l’occupation espagnole. Il arrive à Venise vers 1573 puis s’installe à Trévise où il passe le reste de sa vie. Le Paysage panoramique a été réalisé par Pozzoserrato peu après son arrivée à Trévise. Il est probable qu’il a été conçu pour une série de représentations des mois de l’année ou des quatre saisons. Le thème, la technique et le style sont ici fort similaires au dessin, plus large, de l’Allégorie de l’Hiver conservé à la Yale University Art Gallery à New Haven, Etats-Unis.

L’aquarelle représentant des Vaisseaux sur une mer calme de Hendrick Avercamp (1585-1634) apparaît comme l’illustration littérale du titre de l’exposition  : En route  ! Dessins néerlandais de paysage. Avercamp était très doué pour obtenir des effets magistraux malgré une économie de moyens.

Deux dessins sont tout récemment venus enrichir la collection de dessins de John et Marine van Vlissingen. La Vue de la ville de La Valette sur l’île de Malte est un dessin panoramique de Willem Schellinks qui provient de la vente I.Q. van Regteren Altena, tandis que l’Intérieur d’église de Pieter Saenredam est issu de l’Atlas Munnicks van Cleeff qui contient essentiellement des représentations topographiques de la ville et de la province d’Utrecht.

L’un des plus importants aquarellistes du XVIIIe siècle aux Pays-Bas était Hermanus Numan (1744-1820). Il a représenté un grand nombre de manoirs et de parcs, faisant de ce thème sa spécialité dans les années 1780. Les deux aquarelles de l’exposition sont des exemples raffinés de son art. Elles représentent une orangerie dans un parc avec un point d’eau. Ces feuilles devaient appartenir à une série plus large comme en témoigne une troisième aquarelle de mêmes dimensions, conservée à l’Albertina de Vienne, sur laquelle Numan montre une vue de face de la même orangerie. Une quatrième vue est par ailleurs apparue récemment ; il s’agit de l’esquisse préparatoire faite en plein air par l’artiste. Dessin et aquarelle seront présentés ensemble dans l’exposition.

C’est à nouveau l’Italie qui est représentée avec le Paysage près de Galloro, avec un voyageur et une fontaine de Josephus Augustus Knip (1777-1847). Aux XVIIIe et XIXe siècles, les artistes étrangers résidant à Rome quittaient la ville durant les mois d’été, attirés par la douceur de la campagne romaine aux collines pittoresques et aux bois ombragés. Knip a réalisé un grand nombre d’études d’après nature, révélant ses dons d’aquarelliste. Il dessine ici le chemin menant au sanctuaire de Santa Maria di Galloro, dans la région des lacs Albano et Nemi, au sud-est de Rome. Contrairement à la majorité des paysages et des panoramas de Knip, parfois exécutés sur plusieurs feuilles et laissant des parties inachevées, le Paysage près de Galloro est entièrement aquarellé.

En écho à l’exposition Paysages de France organisée par la Fondation Custodia en 2006, l’exposition actuelle présente également des dessins néerlandais réalisés en France au XVIIe siècle. Parmi eux, ce dessin de maisons sur une falaise en contrebas du Château de Francheville, près de Lyon, attribué à Jan ou à son fils Joan Wils.

La France est représentée également avec la Vue du quartier Vertais à Nantes de Lambert Doomer (1624-1700) et la spectaculaire grande Vue de Cambrai exécutée en couleur par le spécialiste des dessins topographiques Adam Frans van der Meulen, mort à Paris en 1690.

L’exposition de la Fondation Custodia se tient du 30 janvier au 30 avril 2016. Elle est accompagnée d’un catalogue en anglais, édité à l’occasion de l’exposition au Rijksmuseum d’Amsterdam en 2015 :

Home and Abroad. Dutch and Flemish Landscape Drawings from the John and Marine van Vlissingen Art Foundation
BCD Group, Rijksmuseum, 2015 [39,95 Euro] DISPONIBLE
273 pp, 30,5 x 24,5 cm, ca. 100 pl., relié


Capturer la lumière
L’œuvre sur papier de Jozef Van Ruyssevelt
(1941-1985)

30 janvier – 30 avril 2016

Jozef Van Ruyssevelt, Vue de l’atelier, 1979.
Rijksmuseum, Amsterdam
Parallèlement à cette exposition du premier étage, est présenté dans le sous-sol de l'hôtel Lévis-Mirepoix un choix d'œuvres sur papier du peintre et graveur flamand Jozef Van Ruyssevelt (1941-1985).

La Fondation Custodia a pu acquérir une douzaine d'eaux-fortes, un carnet d’esquisses et une série de gouaches provenant de sa succession, alors que le cabinet d’arts graphiques du Rijksmuseum à Amsterdam détient l'œuvre graphique presque complet de l'artiste. À l’occasion de cette exposition, les deux institutions ont travaillé en étroite collaboration.

L'accent est mis sur les eaux-fortes de Van Ruyssevelt. Ou comment donner un caractère dramatique aux sujets qui le sont moins  : vues fortuites, intérieurs avec chaises et armoires, natures mortes aux bouteilles et aux plantes en pot. Dans sa Vue de l’atelier datée de 1979, un peu de lumière du jour perce encore et vient mollement se refléter sur la surface du meuble vernis. La pièce est plongée dans une épaisse pénombre de hachures. Il faut plisser les yeux pour espérer distinguer quelque chose entre ces traits toujours plus rapprochés, menant vers des recoins toujours plus obscurs.

On trouve parfois, au cœur de cette étendue noire, une surface aussi blanche que le papier sur lequel est gravée l'eau-forte. Le plateau en verre de Verre sur verre (1980) par exemple. Devant cette zone de lumière émerge, tapie dans l'ombre, une corbeille à trois fruits avec une feuille silhouettée sur le blanc dans une noirceur impénétrable. La lumière fait ainsi toujours face à quelque chose de sombre. Un examen plus attentif montre que cette feuille noire ne possède pas de contour précis  : on dirait une forme coupée dans un tissu, aux bords effilochés. Et à quel fruit cette petite feuille appartient-elle  ?  Une pomme  ? Une mandarine ? L’art graphique de Van Ruyssevelt est tout en suggestion. On reconnaît dans ses grandes lignes une nature morte ou un intérieur, mais les détails demeurent indéfinis.

L’exposition présente non seulement un choix de l’œuvre graphique de l’artiste, mais aussi de nombreuses créations en couleur  : gouaches, pastels, une esquisse à l’huile. Car le monde intime capturé par Van Ruyssevelt dans ses eaux-fortes était en réalité multicolore et il a fait preuve d’une grande sensibilité pour ces tonalités chaudes et intenses. La juxtaposition avec les œuvres en couleur enrichit la perception des feuilles en noir et blanc et montre aussi comment le graveur a traduit toutes ces gradations colorées dans des contrastes clair-obscurs.

L'exposition s'accompagne de la publication d'un catalogue raisonné de l'œuvre graphique de Van Ruyssevelt, avec des reproductions de la totalité des 200 gravures et des œuvres apparentées exécutées dans d’autres techniques. Le catalogue existe dans une édition néerlandaise et française:

Jozef Van Ruyssevelt. L’oeuvre graphique
Par Gijsbert van der Wal
Paris, Fondation Custodia et Varik, De Weideblik, 2016 [35,00 Euro] DISPONIBLE
212 pp, 30 x 24 cm, ca. 220 pl., relié
ISBN 978-90-77767-63-4


Raphaël, Titien, Michel-Ange
Dessins italiens du Städel Museum de Francfort (1430-1600)

Du 21 mars au 21 juin 2015

Pontormo, Étude de deux hommes nus se regardant dans un miroir, vers 1520
Pierre noire (?) et craie blanche, sur papier bleu, 422 x 272 mm
© Städel Museum, Frankfurt am Main
La Fondation Custodia est heureuse de présenter à Paris une sélection de l'exceptionnel ensemble de dessins des maîtres italiens de la Renaissance du Städel Museum de Francfort. Durant trois mois ce printemps, le public pourra admirer près de 90 chefs-d’œuvre des XVe et XVIe siècles de Raphaël, Titien, Michel-Ange, ou encore du Corrège, qui seront exposés dans les salles de l’hôtel Lévis-Mirepoix au 121 rue de Lille à Paris.

Présenter au public français le meilleur de l’art du dessin est l’une des missions de la Fondation Custodia. La collection du Städel Museum, peu connue, fait partie de ces trésors qu’elle souhaite faire partager et ce fonds magnifique nous réserve de nombreuses surprises. Ses dessins italiens ont récemment fait l’objet de recherches approfondies et des interprétations inédites, ainsi que de nouvelles attributions, sont à découvrir dans le catalogue de l’exposition rédigé par Joachim Jacoby.

La collection provient de la donation de Johann Friedrich Städel, banquier et grand collectionneur d’art. Son testament, rédigé en 1815, fut à l’origine de la création de la plus ancienne fondation-musée d’Allemagne, le Städel Museum. L’ensemble de dessins italiens de la Renaissance fut complété, au milieu du XIXe siècle, par l’historien de l’art John David Passavant et constitue aujourd’hui une partie de la collection de tout premier ordre, illustrant les différents courants artistiques de cette époque. Avant sa venue à Paris, cette exposition a été présentée au Städel Museum de Francfort.

L’exposition proposera un large choix de dessins représentatifs de la période allant de 1430 à 1600, dont certains rarement ou jamais dévoilés au public.

En premier lieu, des feuilles du XVe siècle attireront l’attention  : quatre élégantes figures gothiques, en pied, du cercle de Pisanello (vers 1430), une étude à la pointe de métal, d’après nature, pour une Crucifixion (vers 1450), le dessin vénitien d’un jeune homme regardant vers le ciel (vers 1500), ou encore l’esquisse exceptionnelle d’une scène de deuil par l’artiste Marco Zoppo (vers 1470).

Entre 1500 et 1525, l’art italien prenait une toute nouvelle direction. Cette période fut marquée par les artistes Fra Bartolommeo et Michel-Ange à Florence, Raphaël à Rome, Le Corrège à Parme et Titien à Venise, tous représentés au sein de l’exposition à la Fondation Custodia. Cette génération d’artistes travaillant dans les premières années du Cinquecento a produit des œuvres pionnières qui eurent une influence primordiale sur leur époque. Aux côtés des Têtes grotesques de Michel-Ange (vers 1525), trois dessins de Raphaël dont l’Étude d’un cavalier qui a servi à la réalisation d’une fresque en 1511/12 pour la Chambre d’Héliodore au Palais du Vatican  ; Le prophète assis, du Corrège (vers 1523), ou encore l’étude tout à fait unique du Titien, préparatoire pour le retable de l’église Santi Nazaro e Celso à Brescia (vers 1519/20).

L’exposition permettra aussi de contempler des œuvres de la seconde partie du XVIe siècle provenant d’Italie centrale et du Nord, couvrant une large zone géographique allant de Gênes à Venise.

Les dessins d’Italie centrale, avec Florence et Rome, regroupent des œuvres vouées à la représentation du pouvoir et aux raffinements de la vie de cour. Ainsi, des dessins de Pontormo, Vasari, Zuccari, Poccetti et le Primatice ou encore de l’étude de Bronzino pour un plafond du Palazzo Vecchio à Florence (vers 1539/40).

La sélection consacrée à l’Italie du Nord délectera l’œil du visiteur avec ses puissants dessins  : la Vénus pleurant la mort d’Adonis (vers 1560) du Gênois Luca Cambiaso, l’Adoration des Mages (vers 1527/30) et le Portrait d’homme à la sanguine du très influent Parmigianino, ainsi qu’une Étude d’après la tête du Giuliano de Medici de Michel-Ange (vers 1545/60  ?) exécutée par Tintoretto, sans doute d’après un moulage de la célèbre sculpture de la chapelle Médicis à Florence.

Seront exposés, des dessins préparatoires pour des fresques et tableaux, des études sur le motif, des paysages, ainsi que des portraits et des dessins finis, œuvres d’art autonomes, comme la représentation de Narcisse, au crayon noir, de Giuseppe Cesari, dit Cavalier d’Arpino (vers 1595/1600).

La diversité et la qualité des œuvres de cette exposition, Raphaël, Titien, Michel-Ange. Dessins italiens du Städel Museum de Francfort (1430-1600), sont l’occasion d’appréhender l’ensemble des fonctions et techniques du dessin  à la Renaissance, période à laquelle cet art connaît un épanouissement sans précédent.


Catalogue
Joachim Jacoby, Raffael bis Tizian. Italienische Zeichnungen aus dem Städel Museum
Städel Museum, Frankfurt am Main, Michael Imhof Verlag, Petersberg, 2014
303 pp, 23 x 28 cm, ca. 200 pl., broché avec rabat
ISBN 978-3-941399-38-9
Prix : 34,90 €


Cette exposition est une manifestation du Städel Museum, Frankfurt am Main.
Sa présentation à Paris est rendue possible grâce au généreux soutien de la Wolfgang Ratjen Stiftung.



Cirque d’encres
L’œuvre sur papier de Gèr Boosten

Du 21 mars au 21 juin 2015

Gèr Boosten, Tango, 06/01/2014
Encre de Chine, 50 x 65 cm
Concomitamment à l’exposition du Städel Museum, sera présenté, à partir du 21 mars, dans le sous-sol de l’hôtel Lévis-Mirepoix, un choix d’œuvres sur papier du peintre, dessinateur et artiste graphique Gèr Boosten. Né en 1947 à Maastricht, Boosten vit en France depuis 1996 avec sa famille. Depuis dix ans, il habite et travaille dans un hangar rénové du village de Poilly-lez-Gien, à 140 kilomètres au sud de Paris. Boosten est un artiste d’origine néerlandaise doté, comme il le dit lui-même, d’un esprit français. Autant dire que la maison parisienne d’un collectionneur de dessins néerlandais était le lieu tout trouvé pour exposer ses œuvres graphiques.

À travers ce type d’expositions, la Fondation Custodia souhaite attirer l’attention du public sur des dessinateurs contemporains qui connaissent leurs classiques. Non qu’ils cultivent une quelconque nostalgie du passé, mais parce qu’ils sont les héritiers d’une histoire. Des artistes qui ne veulent pas rompre avec la tradition mais la perpétuer, pour lesquels l'œuvre des dessinateurs de la Renaissance, du Siècle d'or ou du modernisme demeure aujourd'hui une source d'inspiration. Les visiteurs de la rue de Lille ont ainsi pu découvrir il y a deux ans l’univers onirique des Métamorphoses du dessinateur Peter Vos et en ce début d’année, l'œuvre sur papier du peintre et sculpteur Arie Schippers.

Pour Gèr Boosten, la tradition dans laquelle s'inscrivent ses dessins est très antérieure à la Renaissance. Il se sent proche des dessinateurs des grottes préhistoriques. « Non pas que je veuille les copier et me mettre à faire des dessins préhistoriques. Mais ces peintures murales sont les premières à renvoyer une impression de monumentalité, une puissance artistique et spirituelle telles, qu’elles continuent de nous éblouir des milliers d’années plus tard. Je veux moi aussi créer dans mes dessins un champ magnétique, instaurer une tension entre le noir et le blanc. Une structure ouverte similaire à la structure des étoiles dans un ciel nocturne. Quand le soir, je sors sur le plateau devant la maison pour regarder les étoiles, je comprends très bien ce que l'homme préhistorique a pu ressentir. Les hommes ont essayé de retranscrire sur terre ce qu’ils voyaient dans le ciel. En France, on a trouvé des rochers avec un trou dedans : c'était l'objectif à travers lequel les hommes regardaient. En réalité, ce genre de trou équivaut au rectangle d'un dessin. Son cadre. Il y a 250 000 ans, nous cherchions déjà un cadre et aujourd’hui encore, nous continuons d’examiner, à travers ces cadres, notre place dans l'univers. Je considère que chaque dessin doit être un reflet de l'univers  ».

Boosten met donc la barre haut. Et pas seulement d’un point de vue formel, avec cette zone de tension entre le noir et le blanc, mais également à travers les sujets de ses dessins. Tout gamin déjà, il dessinait dans l’atelier de son père les images que faisaient naître dans sa tête les nouvelles concernant les inondations de la mer du Nord en Zélande et la guerre de Corée. Vers 1970, à la faveur d’un programme d’échange, il séjourne comme étudiant en Yougoslavie, où il fréquente des tziganes, des alcooliques et des prostituées. « Rétrospectivement, je me rends compte que ce séjour à Belgrade a été la base de toute ma vie ultérieure. Il me faisait voir une réalité implacable que j'ai enregistrée dans mon travail  : la crasse, la fange, la pauvreté, l’âcreté. Il suffisait de se baisser pour ramasser tous les malheurs du monde et je trouvais ça fantastique. La vie et la mort étaient tellement proches l'une de l'autre  ».

De retour aux Pays-Bas, Boosten termine sa formation en dessinant et peignant les foules populaires, tantôt entassées dans des bus et des tramways, tantôt fumant et buvant le long de grandes tablées. Il a dessiné des bousculades, des révoltes et des meurtres. La disposition s’apparente souvent à une scène de théâtre, avec des personnages debout ou couchés sur les planches d'un baraquement ou sur une parcelle de terrain plat vue en contre-plongée. Les lits,  les tables et les poêles ressemblent à des éléments de décor, les rideaux et les cordes à linge à des coulisses. Après son examen de fin d’études à la Jan van Eyckacademie de Maastricht, Boosten s’inscrit à une formation de scénographe. Il se lie rapidement d’amitié avec son professeur, le peintre, artiste graphique et décorateur Nicolaas Wijnberg (1918-2006).
Dans les années 1970, Boosten conçoit des décors pour le théâtre Groot Limburgs Toneel et la compagnie théâtrale d'Amsterdam Globe. Ses scénographies pour les pièces Sucre et La fiancée du matin de Hugo Claus rappellent beaucoup ses gravures et dessins « yougo-slaves  ».

Ger Luijten, directeur de la Fondation Custodia, a découvert le travail de Gèr Boosten voici une dizaine d'années, quand il était encore directeur du cabinet d’arts graphiques du Rijksmuseum d’Amsterdam. Il a pu alors acquérir une première série de dessins et de gravures provenant de la succession de Nicolaas Wijnberg. Cette série a ensuite été complétée en concertation avec l'artiste.
L’année dernière, Boosten a fait don à la Fondation Custodia d'un ensemble d’estampes. L'exposition organisée à la Fondation permettra de découvrir un choix d’œuvres parmi ses estampes, notamment de nombreuses gravures de ses débuts, une sélection de feuilles provenant de cahiers de dessins et une série de dessins récents réalisés à l'encre sur de grands formats. Dans ses nouveaux dessins, l’artiste représente des hommes et des femmes heurtés par des chaussures et des chaises qui fusent de tous les côtés ou par des pierres tombées du ciel. Ou alors ils sont attaqués par des chiens et des loups ou par d'autres êtres humains. Il y a des morts et des blessés. On le voit, le travail de Boosten garde une dimension invariablement théâtrale et parle toujours de notre condition humaine.

« Tout ça est très existentiel », reconnaît l’artiste. « Cela a à voir avec les pièces de Beckett et d’Ionesco et le cinéma de Pasolini. Mon travail n'est pas une mise en accusation, en aucune manière. Je ne réalise pas ce genre de gravures pour dire aux gens ‘voyez comme la vie est infâme’. Non, il s’agit d’une sorte de sérénité, quelque chose comme  : voici l'homme. Ecce homo. Chacun d'entre nous peut se retrouver à la rue. Il suffit parfois d’un divorce. On perd sa maison et on commence par dormir dans sa voiture avant de finir à la rue. C’est une situation tout à fait plausible. Je peux me mettre à la place des gens qui ont commis un crime ou qui sont considérés comme fous. Je ne pense pas pouvoir changer grand-chose aux abus dans le monde, j’ai les bras trop courts pour ça, mais je suis un artiste et en tant que tel, j'apporte ma contribution. Comme Pasolini ou Lars von Trier et comme Rembrandt, Grünewald et De Gheyn ».

Gijsbert van der Wal


Catalogue
Gijsbert van der Wal, Cirque d’encres. L’œuvre sur papier de Gèr Boosten / Inktcircus. Werk op papier van Gèr Boosten
Fondation Custodia, Paris – De Weideblik, Varik, 2015
Edition bilingue (néerlandais et français), 152 pp, 27 x 27 cm, ca. 128 pl., relié
ISBN 978-90-77767-55-9
Prix : 25,00 € (DISPONIBLE)

Le Bonnefantenmuseum de Maastricht et DSM à Heerlen proposent du 3 avril au 7 juin un choix de peintures récentes de Boosten.
Gèr Boosten - Entre chien et loup
www.bonnefanten.nl

Entre Goltzius et Van Gogh. Dessins & Tableaux de la Fondation P. et N. de Boer
Du 13 décembre 2014 au 8 mars 2015

Vincent van Gogh, Champ de blé, juin 1888
Huile sur toile, 50 x 61 cm
© Fondation P. et N. de Boer, Amsterdam
Piet de Boer (1894-1974) a d’abord fait des études de biologie avant de s’intéresser à l'histoire de l'art et d’y consacrer sa vie. En 1922, il ouvre une galerie qui depuis 1927 est toujours restée établie sur le Herengracht à Amsterdam, où elle est aujourd’hui gérée par son cousin Peter et le fils de Peter, Niels. Elle possède depuis l’origine des filiales dans plusieurs villes d'Allemagne, ce qui dénote l'esprit d'entreprise de l’établissement, auquel le frère cadet de Piet, Dolf, a également collaboré. En 1928, une première exposition-vente est organisée sur la dynastie des Brueghel et son influence sur l'art des Pays-Bas. D'autres expositions pionnières suivront, notamment sur Joos de Momper et sur les natures mortes de fleurs, chaque fois accompagnée d’un catalogue rédigé par De Boer. Chemin faisant, il se constitue une impressionnante bibliothèque et parvient à rassembler une documentation particulièrement étendue sur les artistes. En plus d’être pertinentes au regard de l'histoire de l'art, ces expositions ont contribué à élargir le goût des collectionneurs et des musées dans le domaine de l'art des XVIe et XVIIe siècles. La galerie fait également commerce de dessins et dès les années 1930, forte de son engagement pour l’art moderne, elle vend des œuvres d’artistes contemporains comme Pyke Koch, Carel Willink ou Hildo Krop.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'établissement continue de prospérer et devient vite une entreprise de renom. Vers 1960, après le décès de son épouse Nellie, Piet décide de se retirer de l’affaire et de consacrer son temps à l'étude et à l'enrichissement de sa collection personnelle de peintures et de dessins qui couvre une période allant de la fin du Moyen Âge à Vincent van Gogh. En 1964, il regroupe sa collection d’art au sein de la Fondation P. et N. de Boer. Pour célébrer le 50e anniversaire de cette fondation, connue seulement d’un petit cercle d'initiés, la Fondation Custodia a pris l’initiative de présenter à Paris un large choix d’œuvres illustrant le goût très sûr du marchand-collectionneur Piet de Boer – contemporain de Frits Lugt (1884-1970) – et sa formidable intuition. C'est un véritable voyage à travers d’une vie entièrement tournée vers le marché de l’art.

Vingt tableaux seront présentés à cette occasion, parmi lesquels des œuvres de peintres maniéristes comme Hendrick Goltzius (le célèbre Portrait de Jan Govertsz van der Aar en collectionneur de coquillages et une Vanité), Cornelis Cornelisz van Haarlem (Neptune et Amphitrite), Cornelis Ketel (un portrait peint « avec les doigts, sans le moindre pinceau » comme le souligne son contemporain Van Mander) sans oublier l’extraordinaire Mars, Vénus et l’Amour de Joachim Wtewael. Ce sera aussi l'occasion de découvrir les belles natures mortes de Balthasar van der Ast, Ambrosius Bosschaert, Gottfried von Wedig et Frans Snijders, des paysages atmosphériques de Joos de Momper, Roelandt Savery, Hendrick Avercamp et Arent Arentsz Cabel, les beaux effets d’empâtement d’une Joyeuse compagnie dans un parc d’Esaias van de Velde et une émouvante Nature morte avec une rose, une souris et des insectes attribuée à Jan Brueghel l’Ancien.

Parmi les 95 dessins exposés, les visiteurs pourront admirer une étourdissante Adoration des mages sur papier préparé rouge du Maître de l’Adoration du Liechtenstein (ill. 4), une ardente représentation du Toucher de Hendrick Goltzius, cinq feuilles virtuoses de Jacques de Gheyn, dont une représentation exceptionnellement bien conservée de Héraclite et Démocrite pleurant et riant sur le monde, et la vision sanglante d’une Tête de veau écorchée datant de 1599. Plus paisible mais non moins chargée d’allusions à la fugacité de l’existence, la subtile gouache sur vélin représentant un Vase de fleurs entouré de fruits et d’insectes réalisée par Jacob Hoefnagel en 1629. De la fin des années 1630 date également l’esquisse très enlevée de Joseph hissé du puits par ses frères par Rembrandt, qui, en raison d'un différend sur sa provenance, a été restituée par la Fondation P. et N. de Boer aux héritiers d'une famille spoliée pendant la guerre. La feuille appartient aujourd'hui à une collection privée mais sera présentée à l'exposition. Piet de Boer avait une prédilection pour les paysages, du plus grandiose au plus intime, dont on verra quelques exemples éloquents et notamment de la main d'artistes hollandais du XVIIIe siècle comme Paul-Constantin la Fargue et Jacob Cats. Cette manifestation permettra ainsi de découvrir un choix de dessins des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles sélectionnés dans un ensemble de près de 400 feuilles, parmi lesquels de nombreuses œuvres rarement montrées ou n’ayant jamais fait l’objet d’une publication.

Une salle spéciale sera dédiée à Vincent van Gogh : cinq dessins, parmi lesquels l'iconique Worn out, image d’un homme en proie au plus profond désespoir le portrait de grandes dimensions d’un Paysan bêchant qui témoigne de la compassion du peintre pour le sort misérable des travailleurs agricoles et le Moulin de Blute-fin réalisé pendant son séjour à Paris. Parmi les tableaux, on admirera particulièrement la vision d’un Champ de blé aux couleurs vibrantes peint à Arles en juin 1888. Contrairement à de nombreux autres marchands d'art ancien, Piet de Boer cherchait à établir de judicieuses correspondances avec l’art contemporain et s'intéressait beaucoup à la peinture classique moderne, dont Van Gogh restait pour lui le plus passionnant représentant.

L'exposition s’accompagne de la publication d'un catalogue auquel participent différents spécialistes. Chacun d’eux éclaire d’un regard nouveau les œuvres choisies, dont beaucoup n'avaient encore jamais été étudiées par les historiens d’art. Les œuvres exposées sont reproduites en couleurs et enrichies d’illustrations comparatives. Un texte d’introduction retrace également l'histoire de la galerie P. de Boer et de la Fondation P. et N. de Boer.

Certains tableaux et dessins ont été montrés par le passé mais aucune exposition, depuis celle organisée au Singer Museum de Laren en 1966, n’avait encore présenté un ensemble d’œuvres aussi significatif et représentatif de cette remarquable collection. Établir cette sélection a été la source d’un plaisir intense mais pas toujours facile à cause de l’embarras du choix. L'exposition est autant la célébration d’un parcours hors normes que l’occasion d’un merveilleux étonnement.


Catalogue
Goltzius to Van Gogh. Drawings and Paintings from the P. & N. de Boer Foundation
Fondation Custodia, Paris – THOTH Publishers, Bussum, 2014
277 pp, 24 x 30 cm, ca. 235 pl., relié
ISBN 978 90 6868 668 5
Prix : 49,50 €
DISPONIBLE


Entre notation et rêve. L’œuvre sur papier d’Arie Schippers
Du 13 décembre 2014 au 8 mars 2015

Autoportrait, 2008. Aquarelle, 24,3 x 25,5 cm
Arie Schippers (1952) fait indubitablement partie des artistes néerlandais les plus versatiles et talentueux de ces dernières décennies. Formé à l’Académie des beaux-arts d’Amsterdam, il remporte en 1977 le Prix de Rome avec une série de tableaux représentant des scènes de café et de restaurant. Il a depuis réalisé – parmi beaucoup d'autres choses – un ensemble de « portraits imaginaires » sculptés, un groupe de grandes figures peintes de pure fantaisie et des vues de plein air montrant des stations-service, des grands magasins de meubles ou des voitures essaimées dans des paysages telles des chaussures de femmes négligemment jetées sur le sol. Ce que nombre d’artistes considéreraient comme suffisant pour nourrir le travail de toute une vie, n'occupe Schippers que quelques années. Si bien que son œuvre se compose de beaucoup d’œuvres – qui par leur contenu n’en sont pas moins riches isolément.

Schippers a fait parler de lui pour la dernière fois en 2012 avec un bronze haut de 3 mètres et demi de Nelson Mandela marchant vêtu d’un costume, intitulé Long Walk to Freedom. La statue fut inaugurée par l'archevêque Desmond Tutu en personne sur le Johan de Wittlaan à La Haye. L’artiste avait déjà réalisé quelques années plus tôt un buste en bronze peint de Johan de Witt, homme d’État hollandais du XVIIe siècle.

Si Schippers fait incontestablement partie des meilleurs artistes des Pays-Bas, il n’est assurément pas l’un des plus connus. Peut-être parce qu’il est un affranchi, n’ayant ni galerie ni agent pour le représenter et vivant son travail en marge des courants dominants. Peut-être aussi à cause de sa grande versatilité. Il semble insaisissable. Son œuvre ne s’embrasse pas d'un seul coup d’œil mais demande des regards répétés. Elle est aussi riche que complexe. Donner une image d’Arie Schippers n'est pas chose facile.

C'est pourtant ce que nous tenterons de faire l’hiver prochain dans les sous-sols de l’Hôtel Lévis-Mirepoix, quand s’ouvrira concomitamment au premier étage l'exposition de la collection De Boer. L’angle choisi est son œuvre sur papier, l’artiste n’ayant jamais cessé de dessiner, quelle que soit la direction prise par ses travaux.

Les carnets de croquis de Schippers, disposés dans des vitrines tout au long du parcours, formeront l'épine dorsale de l'exposition. Depuis ses études, l'artiste en a rempli des centaines. Ils nous permettent de mieux pénétrer son imaginaire. Feuille après feuille, il y trace ses impressions, teste ses compositions et fait naître des figures, en « emmenant sa ligne en promenade », ainsi que l’a si bien dit Paul Klee.

Ce qui paraît ramassé au cœur des carnets se déploie très loin une fois transposé dans les œuvres. Dans les sept salles, nous montrerons le dessin au travail dans l’œuvre de l’artiste. Les paysages contemporains d’abord esquissés sont ensuite repris dans des dessins linéaires autonomes et c’est après avoir suffisamment exploré son sujet au crayon que l'artiste poursuit son travail à l’huile. Ses portraits sculptés et peints sont ainsi préparés à l’aide de très nombreux dessins. Des feuilles préparatoires d’animaux, aux traits décoratifs et édéniques, précèdent les « fables » que Schippers a représentées durant les années 1990, d'abord à l'aquarelle puis à l’huile sur papier. Tous les aspects, toutes les longueurs d'onde de son travail seront présentés en relation avec les dessins, qui sont leur dénominateur commun. Ce sont eux par exemple qui nous permettent de voir comment les compositions fabuleuses ont aussi fourni la matière à de futures sculptures et qu’à bien des égards, ils formaient déjà l'ébauche des imposantes figures peintes par l’artiste au début des années 2000.

Des figures pour lesquelles il s'est notamment inspiré des cartons de Goya pour les tapisseries des Gobelins, des Ménines de Velasquez et des portraits sur fond de paysages de Gainsborough. « Mon intention n'était pas de copier à proprement parler ces peintres, explique Schippers, mais de les paraphraser. Je voulais aussi sentir de mes propres mains les problèmes qu'ils ont dû affronter ». L’artiste connaît donc ses classiques et se montre parfaitement conscient de la tradition dans laquelle il s'inscrit. On le voit bien à la facture de ses dessins, tour à tour linéaires et acérés à la façon d’Ingres, schématiques à la manière des impressionnistes ou gracieux comme pouvaient l’être ceux de Matisse ou Picasso. Et pourtant il ne fait aucun doute que nous sommes à chaque fois devant un authentique Schippers. Un bon artiste peut s’inspirer autant qu'il veut de ses pairs, le résultat n’appartient qu’à lui.

Il suffit de l’avoir vu une fois dans les dessins pour le voir ensuite à l’œuvre dans tout le travail de Schippers : depuis près de 40 ans, son art est un haut lieu d’interaction. Entre tradition et innovation. Entre observation et imagination. Chacun de ces aspects appelle son opposé et Schippers tire le meilleur parti de cette alternance. Son talent pour le portrait est à couper le souffle, pour dessiner les oiseaux aussi ou les animaux en captivité, de même que des silhouettes de voitures en raccourci accompagnées ou non de leurs propriétaires en train de charger des courses dans leur coffre. Mais, dit-il : « On surestime l’importance de la réalité. Elle a aussi beaucoup de désavantages. On est assailli d’impressions qui sont pratiquement impossibles à contenir. Je m’en détourne volontiers car je sais faire marcher mon imagination. Mais je ne peux faire marcher mon imagination que parce qu’à l'école des beaux-arts on m’a fait dessiner de 9 heures du matin à 9 heures du soir d'après le modèle ».

C’est parce qu'il a si souvent et attentivement observé le monde qui l’entoure que Schippers peut donner à ses propres réalités un caractère si concret. Rendre ses personnages inventés plus vrais que nature, donner à ses enfants qui jouent ou traînent l’attitude si caractéristique des enfants du réel ou représenter avec naturalisme des prédateurs qui s’approchent de leurs proies. Tout, dans ces vues imaginaires, est fermement ancré dans le réel, bouge avec souplesse, a de la présence. Elles peuvent prendre l’allure d’un rêve, mais c’est justement le propre des rêves que de nous faire croire à la véracité d’une illusion qui n’existe pas.

Fiction et réalité sont indissociables. Arie Schippers nous donne aujourd’hui à voir la richesse des deux mondes mais aussi leur interdépendance, comme nombre de grands peintres l’ont fait avant lui – de Velázquez à Picasso, de Goltzius à Van Gogh. C’est pourquoi à nos yeux ses dessins méritent pareille attention.

Gijsbert van der Wal


Catalogue
Gijsbert van der Wal, Tussen notitie en droom. Werk op papier van Arie Schippers / Entre notation et rêve. L’œuvre sur papier d’Arie Schippers
Fondation Custodia, Paris – De Weideblik, Varik, 2014
159 pp, 30 x 22,5 cm, ca. 185 pl., relié
ISBN 978 90 77767 53 5
Prix: 25,00 €
DISPONIBLE


De Bosch à Bloemaert : Dessins néerlandais des XVe et XVIe siècles du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam
du 22 mars au 22 juin 2014

Jheronimus Bosch, Le Nid de hiboux, vers 1505-15
Plume et encre brune, 141 x 197 mm
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (Collection Franz Koenigs), inv. N 175

Pour la première fois en France, une partie de l’exceptionnelle collection de dessins anciens du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam sera exposée à Paris, à la Fondation Custodia, du 22 mars au 22 juin 2014.
De Jérôme Bosch à Pieter Bruegel et Abraham Bloemaert, 142 des plus importants dessins du musée de Rotterdam, qui possède l’une des plus riches collections de dessins néerlandais des XVe et XVIe siècles, seront dévoilés au public français.

Le Nid de hiboux, une remarquable feuille de Jérôme Bosch occupera une place centrale dans l’exposition. Le caractère exceptionnel de ce dessin relève de la qualité de son exécution et de sa rareté, Bosch n’ayant réalisé qu’une très petite œuvre graphique. Le motif d’un hibou dans son environnement naturel a également des implications allégoriques étant donné le gibet que l’on voit au loin. La vie du hibou est souvent regardée avec suspicion, et montrer un comportement de hibou veut dire mener une vie de péché.

Pieter Bruegel, considéré aux côtés de Bosch et de Van Eyck comme l’une des plus grandes figures de la peinture flamande sera aussi à l’honneur. Six de ses dessins réalisés entre 1552 et 1562 seront exposés. Parmi ceux-ci, le public découvrira trois modèles pour des gravures représentant des allégories de vertus et des paysages impressionnants.

Le public pourra par ailleurs admirer une série de huit pièces rares du XVe siècle, très délicatement dessinées, pour la plupart à la pointe d’argent. Parmi elles, le Portrait d’une femme de Petrus Christus, élève de Van Eyck.

Les dessins ronds des douze mois de l’année, conçus comme un calendrier médiéval par Hans Bol, et que le Museum Boijmans Van Beuningen a pu acquérir en 2005, seront aussi à découvrir. Hans Bol, artiste de la Renaissance flamande, était particulièrement reconnu pour ses dessins délicats. Comme paysagiste, il fut le successeur principal de Pieter Bruegel.

Outre la présentation des œuvres de maîtres comme Aertgen van Leyden, Joos van Winghe, Adam van Noort, Hans Speckaert, Maarten de Vos ou David Vinckboons, tous très rarement montrés au public français, l’exposition sera aussi l’occasion de découvrir des ensembles très variés, réalisés par Maarten van Heemskerck, Hendrick Goltzius (seize dessins), Jacques de Gheyn, Karel van Mander, Johannes Stradanus et Abraham Bloemaert.

Les 142 dessins exposés couvriront une période allant du bas Moyen Âge jusqu’à l’Aube du Siècle d’Or, de 1460 à 1620. La diversité et la qualité de cette exposition permettront au public de découvrir l’ensemble des pratiques du dessin : de l’élaboration d’une composition ou d’un groupe de figures pour un tableau, l’étude de draperies, l’observation de la figure humaine, mais aussi celle des modèles pour des projets de vitraux ou des gravures, en passant par les études de la nature, des scènes fantastiques ou des sujets tirés de la littérature et de la bible. Les techniques utilisées présentent une telle diversité que l’exposition et son catalogue offriront un parfait aperçu de la pratique du dessin ancien aux Pays-Bas.


Catalogue
Yvonne Bleyerveld, Albert Elen, Judith Niessen e.a.
Bosch to Bloemaert. Early Netherlandish Drawings in the Museum Boijmans Van Beuningen
Fondation Custodia & Editions THOTH, Bussum, 2014
298 pp, 22,5 x 28 cm, ca. 235 pl., broché avec rabat, ISBN 978 90 6868 644 9
Prix : 49,90 € (Epuisé)

Biographie d’un dessin
Le dessin mystérieux qui a beaucoup fait parler de lui en 2012 lors de l’exposition ‘The Road to Van Eyck’ au Museum Boijmans Van Beuningen, est maintenant à voir à Paris.
Une vidéo a été réalisée autour de la découverte de ce dessin rare par Jan van Eyck ou l’un de ses suiveurs.

 

Dialogues : Dessins de la Fondation Custodia et du Museum Boijmans Van Beuningen
du 22 mars au 22 juin 2014

Stefano da Verona, Samson tuant le lion
Plume et encre brune, 278 x 197 mm
Paris, Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, inv. 1339
En parallèle de l’exposition des dessins des XVe et XVIe siècles qui occupera le premier étage de l’hôtel Lévis-Mirepoix, une deuxième exposition se tiendra aux mêmes dates (22 mars-22 juin 2014), dans les salles du sous-sol du bâtiment.

Cette exposition intitulée Dialogues : Dessins de la Fondation Custodia et du Museum Boijmans Van Beuningen, offrira au public la possibilité d’admirer la mise en relation de dessins propres à la Fondation Custodia (collection Frits Lugt) avec d’importantes feuilles du cabinet des estampes du Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Ce sera une occasion unique de confronter les dessins d’un même maître, des feuilles stylistiquement apparentées ou des pièces qui, par leur motif, invitent à opérer une stimulante comparaison.

Ainsi, deux vues de cour intérieure réalisées en plein air et sous un soleil de plomb par Giovanni Battista Tiepolo, sans doute issues du même album et dégageant la même atmosphère estivale seront exposées. Elles permettront de voir que le puits du dessin rotterdamois n’est en fait qu’un gros plan de la construction visible à travers le portail du dessin de Tiepolo conservé par la Fondation Custodia. Il est tout à fait possible que les deux feuilles aient été réalisées durant la même séance de travail et au même endroit.

Plusieurs pièces du Museum Boijmans Van Beuningen proviennent de la collection assemblée par l’intrépide Franz Koenigs (1881-1941), banquier de son état, qui fut, entre 1921 et 1930, le plus important collectionneur de dessins sur le marché international. À son propos, Frits Lugt (père de la Fondation Custodia) écrivait : « Il était prêt à débourser n’importe quelle somme pour peu que la feuille soit remarquable et son œil, son flair et la rapidité avec laquelle il prenait ses décisions, étonnaient tous ceux qui le côtoyaient ». L’exposition Dialogues : Dessins de la Fondation Custodia et du Museum Boijmans Van Beuningen, sera l’occasion de découvrir l’ultime représentation de ce regard de collectionneur insatiable si caractéristique des deux hommes.

Ainsi, une œuvre de Daumier, L’Amateur d’estampes, sera confrontée à une aquarelle de Henri-Joseph Harpignies. En tout 40 dessins seront mis en relation : Cosmè Tura, Vittore Carpaccio, Pontormo, Rubens, Rembrandt, Boucher, Fragonard, Watteau, Goya, Delacroix, Monet, Cézanne, Signac, Jongkind seront exposés.

 

Catalogue en ligne de l’exposition Un Univers intime

Un Univers intime
Tableaux de la Collection Frits Lugt
1er mars - 27 mai 2012