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D’un artiste des
Pays-Bas méridionaux (?) vers 1580, un dessin Les
Trois Hébreux dans la fournaise, à la plume et l’encre grise, lavis
gris, rehaussé à la gouache blanche, sur papier préparé brun-rose, 165 x
251 mm (inv. n°
2003-T.30)
De l’ École
du Deccan à Golconda, vers 1680-1700, une miniature Prince
à la chasse au faucon, à la gouache, rehaussée
d’or, sur papier ; monté sur une feuille d’album à
décor floral avec des animaux dorés, 243 x 170 mm (miniature),
391 x 262 mm (feuille d’album) (inv. n°
2003-T.4) Les scènes
de chasse étaient un sujet très apprécié par
les princes des différents royaumes du Deccan. Cette miniature
rend d’une façon magistrale le moment où le faucon
s’apprête à s’élancer du gant de cuir
du prince sur le canard en vol. Le style pictural garde toute l’originalité
de l’école de Deccan, manifeste dans l’audacieuse juxtaposition
des couleurs vert, marron et bleu. La représentation du serviteur
et du chien qui essaie de suivre le cheval au galop ne manque pas de comique.
Au verso
de la feuille d’album, une calligraphie de la main du poète
du XVIIe siècle, Muhammad Murad.
De Alexandre-Gabriel
Decamps (Paris 1803-1860 Fontainebleau) une Vue d’un
lac au fusain, par endroits estompé, 261 x 433 mm (inv.
n°
2003-T.6)
Les dessins achevés
d’Alexandre Decamps ont suscité aussi bien les réserves
que l’admiration de ses contemporains. Ces derniers décrivent
le soin que prenait l’artiste dans le choix du papier et sa recherche
de techniques qui lui permettaient de « l’attaquer pour obtenir
des reliefs et des transparences ». La feuille présentée
ici fait partie d’un groupe de dessins au fusain où les détails
ont été obtenus en estompant certains passages. Bien que
nombreuses soient les feuilles de Decamps marquées du monogramme
caractéristique DC, celui-ci manque dans notre dessin,
peut-être parce qu’il aurait été offert au peintre
Joseph-Nicolas Robert-Fleury (1797-1890). Le paysage, proche de peintures
comme Le Christ sur le lac de Génésareth (1853,
Louvre), est imprégné de l’atmosphère toute
particulière inspirée du voyage au Proche-Orient que Decamps
entreprit en 1828 et qui fut à l’origine, dans l’art
du XIXe siècle, la vague de l’« orientalisme ».
De Jan Harmensz.
Muller (Amsterdam 1571-1628 Amsterdam) une gravure au burin
Sainte Famille avec des anges, d’après Bartholomeus
Spranger (1546-1611), 323 x 212 mm (inv. n°
2003-P.36)
À l’occasion
de l’acquisition d’un dessin inédit de Jan Muller (inv.
n° 2003-T.18), la collection a été
enrichie de deux de ses estampes à sujets classique et religieux.
Dans la Sainte Famille présentée ici, on peut reconnaître
la manière des gravures de Hendrick Goltzius, pour lequel Muller
travaillait en 1589. Vers la même époque, Muller commença
à graver d’après le Flamand Bartholomeus Spranger,
artiste lié à la cour praguoise de l’empereur Rodolphe
II.
La qualité exceptionnelle de l’impression s’explique
par une provenance prestigieuse : elle faisait en effet partie d’un
album du XVIIIe siècle de la bibliothèque de la famille
anglaise Spencer. Cet album, maintenant vidé de son contenu, a
été offert à la Collection Frits Lugt par Artemis
Fine Arts (inv. n° 2003-R.1). Outre la Sainte
Famille, il contenait des estampes de Dürer, Goltzius, Jan Saenredam
et Aegidius Sadeler.
Bibliographie : Jan
Piet Filedt Kok, The Muller dynasty, vol. I, Rotterdam 1999 (The
new Hollstein Dutch & Flemish etchings, engravings and woodcuts
1450-1700), n°
66II/III ; pour l’album : Marjorie B. Cohn et al., A noble collection
: the Spencer albums of old master prints, cat. exp. Madison (Elvehjem
Museum of Art, University of Wisconsin) etc. 1992-1993, p. 25 note 29,
p. 30-33
De
Norbert Goeneutte (Paris 1854-1894 Auvers-sur-Oise) un Portrait
d’Henri Guérard, gravure à la pointe sèche, 440 x 243 mm (inv.
n°
2003-T.27)
Comme son ami Henri Guérard
(1846-1897), l’artiste Norbert Goeneutte travaillait en marge de
l’impressionnisme et était surtout actif en tant que graveur.
Outre la feuille présentée ici, Goeneutte a encore gravé
deux autres portraits de Guérard, dont l’un le représentant
à la presse. Pour les deux autres, qui montrent Guérard
dans une tenue plus élégante, c’est l’effet
marqué de la pointe sèche dans les passages sombres qui
fait de cs feuilles des exemples de l’essor de l’eau-forte
française à la fin du XIXe siècle, auquel ont contribué
aussi bien le graveur que le modèle. La Collection Frits Lugt a
acquis le premier état du Portrait d’Henri Guérard
présenté ici, dont il n’existerait que deux exemplaires.
D’Henri Guérard, la collection compte au demeurant encore
quelques estampes et un grand nombre de lettres.
Bibliographie : Gilbert
de Knyff, L’art libre au XIXe siècle ou la vie de Norbert
Goeneutte, Paris 1978, p. 138, n°
47; Norbert Goeneutte. 1854-1894, cat. exp. Pontoise (Musée
de Pontoise) 1994, n°
84I/II